NON À L’AGRESSION IMPÉRIALISTE ETATS-UNIENNE !
Depuis l’agression militaire du Venezuela et l’arrestation illégale du président Nicolás Maduro et de sa compagne par les États-Unis le 3 janvier 2026, la République de Cuba fait face à une nouvelle phase d’attaque économique et énergétique.
Lʼadministration états-unienne a en effet intensifié les pressions en menaçant de sanctions tout pays qui continuerait à fournir du carburant à Cuba, qualifiée par un décret du 29 janvier signé par Donald Trump de « menace inhabituelle et extraordinaire ». En conséquence, le gouvernement cubain a suspendu le ravitaillement en kéroséne des compagnies aériennes à compter du 9 février et restreint la vente de carburant au public afin de réserver les ressources à la production dʼélectricité, aux hôpitaux, à lʼapprovisionnement en eau, à la défense nationale et aux secteurs stratégiques.
Cette situation résulte directement de la rupture des échanges énergétiques entre Cuba et le Venezuela, pays avec lequel lʼîle entretenait un partenariat fondé sur un échange de services médicaux et sociaux contre des livraisons de pétrole. En ciblant Caracas puis en menaçant tout partenaire potentiel de La Havane, Washington cherche à provoquer une asphyxie organisée, dans la continuité du blocus suicidaire imposé à Cuba depuis 1962.
La Ligue Panafricaine – UMOJA est profondĂ©ment prĂ©occupĂ©e par cette nouvelle tentative dĘĽasphyxie contre la RĂ©publique de Cuba et se tient aux cĂ´tĂ©s de son brave peuple.
En tant que panafricanistes, nous ne pouvons rester inertes car Cuba nĘĽest pas un Etat quelconque dans lĘĽhistoire des luttes panafricaines. Son peuple est en partie issu de la dĂ©portation d’africains sur l’Ă®le, et les Afro-Cubains ont jouĂ© un rĂ´le central dans les guerres dĘĽindĂ©pendance comme dans la rĂ©volution de 1959, qui a mis fin Ă lĘĽordre racial hĂ©ritĂ© de la colonisation et de la tutelle amĂ©ricaine.
La Ligue Panafricaine – UMOJA rappelle aussi que Cuba a menĂ© un internationalisme pratique en Afrique. En Angola, dès 1975, face aux offensives soutenues par le rĂ©gime dĘĽapartheid sud-africain et ses alliĂ©s occidentaux, Cuba est intervenue militairement aux cĂ´tĂ©s du MPLA (Mouvement Populaire de LibĂ©ration de lĘĽAngola. Ă€ Cuito Cuanavale en 1988, la dĂ©faite infligĂ©e Ă lĘĽarmĂ©e sud-africaine a modifiĂ© le rapport de force en Afrique australe et ouvert la voie aux nĂ©gociations qui ont conduit Ă lĘĽindĂ©pendance de la Namibie et Ă la chute du rĂ©gime dĘĽapartheid.
Cette réalité a été reconnue par Nelson Mandela lui-même, qui choisit Cuba pour lʼune de ses premières grandes visites internationales après sa libération, où il déclarait en 1991 que “Le peuple cubain occupe une place particulière dans le cœur des peuples dʼAfrique. Les internationalistes cubains ont apporté une contribution à lʼindépendance, à la liberté et à la justice en Afrique, sans équivalent par son caractère de principe et désintéressé”.
Enfin, nous n’oublierons jamais que Cuba, malgré les pressions, les demandes d’extradition et les primes annoncées par les autorités états-uniennes, a maintenu, jusquʼà son récent décès en 2025, lʼasile politique accordé à une grande révolutionnaire et militante afro-américaine Assata Shakur.
Toutes ces actions concrètes sʼinscrivent dans une tradition cubaine de solidarité avec les luttes panafricanistes. Par conséquent, il revient aux Africains du monde entier de manifester une solidarité à la hauteur de cet engagement.
La Ligue Panafricaine – Umoja condamne fermement cette nouvelle tentative de dĂ©stabilisation de la RĂ©publique de Cuba, qui sĘĽinscrit dans une logique plus large qui frappe tous les peuples et tous les gouvernements qui cherchent Ă rĂ©sister Ă lĘĽimpĂ©rialisme amĂ©ricain et Ă affirmer leur souverainetĂ©. Ce mĂŞme impĂ©rialisme qui tente dĘĽasphyxier Cuba maintient HaĂŻti dans une instabilitĂ© chronique, traque, exploite et discrimine les groupes autochtones, noirs, latinos et migrants aux États-Unis et dĂ©ploie sur le continent africain une prĂ©sence militaire structurĂ©e Ă travers AFRICOM, tout en appuyant des logiques de prĂ©dation des ressources et de dĂ©stabilisation politique.
Face à cette offensive dévastatrice pour nos peuples, il nous appartient de renouer avec lʼexigence portée il y a soixante ans par la Tricontinentale de La Havane, en réaffirmant la nécessité dʼune convergence des luttes africaines, caribéennes et latino-américaines.
Par consĂ©quent, la Ligue Panafricaine – Umoja appelle lĘĽensemble des forces africaines et afrodescendantes Ă soutenir Cuba face Ă lĘĽescalade impĂ©rialiste !
Solidarité pleine et entière avec le peuple cubain !
Umoja ni Nguvu ! Venceremos !
Le Bureau Politique Provisoire