DÉCLARATION DE LA LIGUE PANAFRICAINE – UMOJA (LP-U) AUX PREMIÈRES ASSISES NATIONALES DU CONGO POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE
DÉCLARATION DE LA LIGUE PANAFRICAINE – UMOJA (LP-U) AUX PREMIÈRES ASSISES NATIONALES DU CONGO POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE Intervenant : Henda Diogène SENNY, Secrétaire Général de la Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U) Au nom de notre Organisation, la Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U), je remercie le Comité Préparatoire des Assises Nationales du Congo pour l’Alternance Démocratique d’avoir pris, non seulement, cette initiative, mais aussi d’avoir pensé à nous associer au panel des intervenants Chères Sœurs et chers Frères, La Ligue Panafricaine – UMOJA a toujours répondu aux initiatives prises par les compatriotes congolais en vue d’apporter le changement tant attendu par nos populations. C’est ainsi qu’en novembre 2012, nous avions répondu à l’invitation de l’Association Congo-Ya-Sika (CYS), suite à la déclaration du 17 août 2012 signée à Brazzaville par certains partis politiques de l’opposition, exigeant du pouvoir de Brazzaville, la convocation des États généraux de la Nation afin de trouver une solution nationale à la mauvaise situation politique, socio-économique, sanitaire et culturelle que traverse le pays. Mais nous nous sommes retirés de cette initiative parce que nos préoccupations n’ont pas été prises en compte. Nous ne voulons pas, à priori, condamner le Comité Préparatoire des Assises Nationales du Congo pour l’Alternance Démocratique, nous venons d’abord débattre, et nous verrons si nos positions se rapprochent ou si elles s’éloignent irrémédiablement. Chères Sœurs, chers Frères, En lisant le plaidoyer d’appel à la tenue de ces Assises, il y est écrit en page 14, je cite : « L’objet de ce projet est la CONCERTATION DES FORCES VIVES de la Nation Congolaise en vue de trouver des solutions appropriées aux problèmes majeurs d’affirmation de la démocratie, des valeurs républicaines et de développement humain, dans l’esprit de notre devise : unité, travail, progrès ». Fin de citation. Nous sommes donc fondés de croire, sur la base de cette proclamation, que les Assises aborderont de front, sans tabou, tous les problèmes majeurs auxquels le Congo est confronté. Nous partageons à divers égards, le diagnostic dressé dans le plaidoyer. Nous croyons donc que, face à cette situation, les fils et filles de la nation congolaise sont en devoir de discuter de l’état de la Nation pour en dégager les perspectives de changement. Cependant, ce diagnostic singulièrement partiel de la situation du Congo dressé par le Comité Préparatoire ne traite ni de l’abandon de la souveraineté dans les domaines économiques et sociaux, ni de la responsabilité, non moins majeure, de la France comme soutien inconditionnel, plus que du régime, mais surtout du système de prédation qui prévaut au Congo. Nous ne participerons à aucune aventure qui consiste à remplacer un Sassou par un autre, à faire du sassouisme sans Sassou. Le départ de ce régime doit s’accompagner avec un changement de système. Pour nous, ce diagnostic mérite d’être complet afin que, si vraie concertation entre forces vives de la nation congolaise sur les problèmes majeurs il y a, celle-ci puisse porter sur l’ensemble des maux qui assaillent notre société. Une mauvaise analyse ou une analyse partielle détourneraient les Assises de leur véritable objet tel qu’indiqué par leurs propres initiateurs. Mais avant de développer notre argumentaire sur le fond, nous aimerions, en tant que panafricanistes, faire une observation contre l’affirmation suivante portée dans le plaidoyer en page 9, je cite : « Pour l’Humanité tout entière, parallèlement aux deux modèles de démocratie constitués par les républiques que sont les États-Unis d’Amérique et la France, le contre-exemple est le pays qui devint, en 1804, la toute première république dans le sud de la planète, précisément chez les peuples noirs. Ce contre-exemple est Haïti. » « On peut aisément constater ce qu’est devenue Haïti. On doit s’interroger sur les facteurs qui ont permis la « longue nuit » de la dictature sanguinaire des Duvalier au 20ème siècle. Et l’on doit s’interroger sur les facteurs qui rendent chaotique la vie politique et sociale dans ce pays en 2014, malgré la restauration de la démocratie représentative dans les années 1990. » Fin de citation. Il est tout de même curieux que les rédacteurs de ce texte ne se soient pas aperçus que les deux républiques (les États-Unis et la France) érigées en modèle de démocratie pour le Congo et toute l’Afrique noire sont celles-là mêmes qui ont combattu vigoureusement les souverainistes et les démocrates haïtiens depuis l’indépendance de ce pays frère. Responsables du chaos et du martyr du peuple frère haïtien, les États-Unis et la France ont appuyé les oligarchies locales pour maintenir Haïti sous domination perpétuelle. Les Duvalier d’Afrique noire sont les Sassou-Nguesso, Eyadema, Mobutu, Bokassa… Qui sont leurs parrains communs ? Est-on une vraie démocratie lorsqu’on respecte les libertés publiques et la souveraineté du peuple à l’intérieur de ses frontières tout en semant misère et chaos en dehors de ses frontières ? La réponse à ces deux questions nous permet de disqualifier les deux États érigés en modèle pour les Africains. Par conséquent, nous disons avec Aimé Césaire : Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Fin de citation. L’Afrique noire doit inventer son propre modèle. De ses erreurs, elle apprendra et en sortira plus forte. Revenons au cœur du plaidoyer. Dans son état actuel, le texte présenté par le Comité Préparatoire constitue à notre avis, une véritable pièce à conviction. Ne nous trompons pas ! En dépit de la violence cyclique de la lutte pour le pouvoir à laquelle se livrent les acteurs politiques congolais, se relayant en majorité et en opposition depuis les indépendances, et plus particulièrement depuis le retour du multipartisme en 1991, ces derniers sont quasiment tous d’accord avec le système de prédation qui structure l’économie congolaise. Les conflits qui les opposent ne portent en général que sur les conditions d’accession au pouvoir, comme si la démocratie ne se limitait qu’à l’organisation transparente d’élections. Par conséquent, poser