Au lendemain de la seconde guerre dite mondiale, les vainqueurs décidèrent de créer une structure pour, dirent-ils, faire régner la paix dans le monde. Elle ira un peu plus loin, dans les textes, en prônant le développement économique, le progrès social etc. Point n’est besoin d’avoir de loupes grossissantes pour se rendre compte que sur tous ces plans, l’échec, les échecs sont patents. Rien que sur la paix, si le terme « guerre mondiale » n’est plus de mise, les conflits ne se comptent plus sur la planète. Rien qu’en Afrique, depuis les fameuses indépendances de 1960 à 1990 (la Namibie), notre continent ne connaît aucune décade de paix. Guerres, guerres civiles, assassinats de présidents, de Premiers ministres, d’opposants etc. règnent en maîtres incontestés. L’ONU, Organisation des Nations unies, il faut le rappeler sans cesse, ce sont les vainqueurs de la 2nde guerre dite mondiale qui l’ont créée. En réalité, cette structure a été créée pour servir d’abord et avant tout leurs intérêts. Le reste n’est que littérature et fioritures. Rien que le droit de veto dont disposent les cinq membres permanents de l’ONU (USA, Chine, Russie, France et Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord) est non démocratique. Comment peut-on d’une part prôner la « démocratie » avec le sacro-saint principe d’un homme une voix et pratiquer cette dictature (car c’en est une), depuis 1945. Combien de fois un seul des membres permanents n’a-t-il pas bloqué une résolution onusienne qui aurait pu permettre de ramener la paix sur une portion de notre planète ? Les dirigeants africains n’avaient-ils pas assez de recul en adhérant en masse à cette organisation où, visiblement, nous n’avons que faire ? C’était peut-être un effet de mode avec des dirigeants qui croyaient qu’il fallait y aller puisque tout le monde en était. Pourtant, l’épisode de la fin tragique de Patrice Emery Lumumba (1925-1961), éphémère Premier ministre du Congo-Kinshasa et aussi grand leader politique continental, Panafrcain convaincu. Il est évident que la responsabilité de l’ONU non seulement dans la chute mais aussi dans l’assassinat de cet homme est établie depuis des lustres. Pourtant, cela n’a pas empêché les dirigeants africains, de continuer non seulement à aller siéger dans toutes les instances onusiennes, mais surtout (c’est incontestablement le pire), de continuer à faire venir des forces onusiennes sur le continent, pour éteindre des foyers de tension, pour constituer des forces dites d’interposition dans des guerres dont la main occidentale n’est que très rarement innocente, quant à leurs causes. Faut-il rappeler ici la liste des guerres et autres conflits armés que l’impérialisme n’a cessé de provoquer sur notre continent et où, comme par extraordinaire, ce même impérialisme envoie des casques dits bleus pour jouer les sapeurs-pompiers. L’expression « pompier-pyromane » a-t-elle une traduction ou une existence dans les langues africaines ? L’adage qui dit qu’on ne retient rien de nos erreurs se vérifie encore en ce 21e siècle : l’ONU est présente en Côte d’Ivoire depuis des années. On voit et surtout, on connaît les résultats. L’ONU est présente dans l’Est de la RDC, au Nord-Kivu où l’on ne compte plus les millions de morts depuis 1998 : 4 millions ? 6 millions ? 8 millions ? Plus sans doute, mais cela n’intéresse même pas les dirigeants africains qui préfèrent sous-traiter leur sécurité par d’autres. Et voilà qu’en ce début de mois d’octobre, la République Centrafricaine, instable depuis la mort « accidentelle » de Barthélémy Boganda (1910-1959) le 29 mars 1959, grand leader Panafricaniste, s’apprête à rentrer de nouveau dans la gueule du loup en « accueillant » de nouveau une force onusienne. Qu’est-ce que l’ONU n’a pas encore fait comme mal dans ce pays pour que ses actuels dirigeants (issus d’un énième putsch) daignent rouvrir leurs cieux, leurs frontières terrestres à ces soldats dont les Africains connaissent jusqu’au bout des ongles la nocivité ? Quelle lecture de l’histoire, des faits et du temps nos dirigeants ont-ils finalement ? Comment peut-on répéter ainsi les mêmes erreurs, les mêmes fautes, en si peu de temps ? Plus que jamais, les Africains de tous bords devraient comprendre que nous ne pouvons persévérer ainsi car nous sommes dans le mur. Ce n’est plus possible. Quand l’ONU s’installe en Afrique avec ses soldats, ce n’est jamais une bonne chose. C’est même très mauvais, pour éviter tout euphémisme. Rappelons que la RCA, République Centrafricaine, doit son nom à Boganda. Il n’avait pas choisi ce nom au hasard, mais bien parce qu’il visait à terme l’Unité de notre continent, en commençant par l’Afrique centrale et nous, militants Panafricanistes convaincus, pensons que la survie de ce territoire de 623.000 Km2 passe par un grand ensemble continental, une structure supranationale avec une armée continentale qui aura à cœur et pour mission de défendre non seulement l’intégrité territoriale de notre continent mais aussi de mettre fin à tous ces putschs et rebelles qui empoisonnent la vie de ce milliard d’Africains qui ne demandent qu’à vivre en paix. L’ONU défend les intérêts des vainqueurs de la guerre de 39-45. L’ONU ne paie pas gracieusement ses fonctionnaires et ses soldats pour que l’Afrique soit en paix. Cela se saurait depuis longtemps. L’UA dispose d’une Commission Paix et Sécurité. Que cette commission travaille à ce que des soldats africains, avec de l’argent africain, soit disposés en RCA, en Côte d’Ivoire, dans l’Est de la RDC, au Soudan du Sud etc. afin que les données du problème changent. C’est aux Africains et à eux seuls – à nous seuls – de reprendre en mains notre destin qui passe, nécessairement, par la sécurité de notre territoire. La sécurité ne peut se sous-traiter, surtout auprès des mêmes qui chaque jour se réjouit des malheurs des Africains par le biais des ONG, des laboratoires pharmaceutiques, des armes de guerre vendues chaque jour etc. Quels sont les réels problèmes actuels en R.C.A que les soldats africains ne pourront pas régler ? On parle souvent de manque de matériels, que ces soldats sont dépourvus de la logistique nécessaire. S’agit-il d’une affaire nucléaire ? Non. Et encore. Nous avons tous suivi la fin du règne de Monsieur François BOZIZE où le pays était déjà bien secoué