LP-U | Umoja ni nguvu !

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La Ligue Panafricaine – UMOJA soutient les forces de résistance et de libération du Gabon et du Togo

L’histoire du pouvoir politique au Gabon et au Togo est marquée par de violentes crises systémiques dont nous voyons depuis plusieurs mois les dernières métastases. Depuis un demi-siècle, les deux pays sont gouvernés par deux dynasties, deux clans familiaux élargis à un groupe de profiteurs locaux et étrangers formant une oligarchie. Les régimes à Lomé et à Libreville se sont maintenus au pouvoir par la force, la ruse ou la fraude, mais également par le soutien affiché de l’Elysée. Plusieurs présidents français n’ont jamais caché la nature incestueuse et corrompue de leurs relations personnelles et financières avec leurs valets gabonais et togolais. Les présidents actuels, qui sont issus du même sérail biologique, incarnent une rupture générationnelle, mais une continuité idéologique et politique. Certes, la France a choisi de nuancer son soutien aux régimes de Faure Gnassingbé et d’Ali Bongo, mais elle le fait dans le but de préserver ses intérêts et ceux de ses multinationales face à de nouveaux impérialismes. De même que les rencontres UE-Afrique ou France-Afrique ne font que maintenir un vieux rapport de domination, la Ligue Panafricaine – UMOJA condamne l’organisation par le régime togolais d’un Sommet Afrique-Israël en octobre 2017. Une telle rencontre ne peut qu’entraîner un peu plus la division des pays africains sans assurer la moindre retombée positive en matière de souveraineté, de sécurité ou de développement. Un régime vivant sur la colonisation à l’égard du peuple palestinien et violant le droit international ne saurait apporter autre chose qu’une colonisation supplémentaire dans une Afrique déjà divisée par une absence de cohérence dans son rapport géopolitique aux pays du Moyen Orient. Tenues éloignées des enjeux géopolitiques qui règlent pourtant leur destin quotidien, les populations africaines constatent chaque jour la défaillance des services publics (administration, écoles, police, hôpitaux), pendant que les élites fréquentent les établissements scolaires ou hospitaliers des quartiers les plus huppés des capitales occidentales en dilapidant les ressources nationales. Le phosphate, le bois ou le pétrole, pour ne citer que quelques unes des richesses, alimentent des réseaux économiques et financiers drainant des sommes d’argent inimaginables pour le commun des mortels. Sur place, le chômage de masse favorise un climat de crise sociale perpétuelle, obligeant chaque Gabonais ou Togolais à se débrouiller par lui-même. Cette situation d’abandon a fait de la politique non plus le lieu de résolution des problèmes des populations, mais un moyen pour les dominants de rémunérer les allégeances en y inscrivant trop souvent un facteur ethnique et tribaliste à l’opposé du panafricanisme. La Ligue Panafricaine – UMOJA déplore l’amalgame qui a pu être fait dans les réseaux sociaux entre le panafricanisme et l’un ou l’autre des candidats à la dernière élection présidentielle gabonaise. Ni le vainqueur, ni le vaincu de cette élection ne remplissent les critères élémentaires du panafricanisme, quelles qu’aient pu être leurs fonctions antérieures. Ni le vainqueur, ni le vaincu, ne s’est engagé à rompre avec l’ingérence néocoloniale incarnée par le franc CFA, les accords de défense ou les privilèges accordés aux multinationales étrangères, quand bien même des mesures auraient été prises pour le redressement fiscal de l’une de ces multinationales phares de la Françafrique. La LP – UMOJA rappelle que le jeu des pouvoirs et des oppositions en Afrique ne vise qu’à maintenir un même système de pillage de nos richesses en place, sans proposer d’alternatives. La Ligue Panafricaine – UMOJA adresse un soutien franc et sincère à la résistance gabonaise qui se bat pour sa dignité et sa liberté. La résistance gabonaise, à travers une veille citoyenne au niveau du processus électoral, a clairement identifié le vainqueur des élections. Ce sentiment de frustration face à un coup de force électoral, trop de peuples africains, à commencer par les Togolais, en ont fait l’amère expérience. La Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U) salue l’initiative du Parti National Panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam qui, avec d’autres structures, appelle le peuple togolais à manifester notamment les mercredi 6 et jeudi 7 septembre 2017. Depuis le départ de Yaya Jammeh de Gambie, le Togo est le seul pays de l’espace CEDEAO à n’avoir jamais connu d’alternance. Ainsi, la LP-U partage les revendications portées par le PNP (retour à la Constitution originelle du 14 octobre 1992, révision du cadre électoral et instauration du droit de vote des Togolais de l’étranger, fin des persécutions et de l’impunité) et souhaite continuer à travailler avec les forces togolaises du Continent et de la Diaspora pour construire, au-delà d’une simple mais déjà difficile alternance, une véritable alternative panafricaniste faisant du Togo la fierté de toute l’Afrique. Comme le peuple gabonais, le peuple togolais, toutes catégories sociales confondues, a démontré qu’il n’avait plus confiance en les autorités. Des informations font régulièrement état de milices recrutées par les régimes pour supplanter des armées défaillantes. Des images authentiques montrent que les forces armées se livrent à des pratiques inhumaines et dégradantes sur les manifestants. Les forces armées du Gabon et du Togo, comme celles de tous les autres pays africains, doivent respecter leur devoir patriotique qui consiste à refuser de tirer sur le peuple et à se mettre en retrait. Sous prétexte de combattre l’anarchie, les régimes africains qui engagent les forces armées dans la répression des populations ne font que semer la désolation dans les cœurs et creuser leur propre tombeau. Ces régimes sont indignes de notre Histoire, et ont de surcroit l’outrecuidance de vouloir récupérer le deuil qu’ils ont provoqué. Semer le chaos pour organiser une phase politique de réconciliation nationale est malheureusement une pratique trop courante qui doit cesser. La Ligue Panafricaine – UMOJA rappelle les mots du Capitaine Thomas Sankara – « Un militaire sans formation politique est un criminel en puissance » – pour inviter tous les hommes et femmes en treillis à faire leur examen de conscience et à mettre fin aux divisions entre forces armées et forces civiles, économiques et sociales africaines. Pour en finir avec près de soixante ans de renoncements, la Ligue Panafricaine – UMOJA en appelle aux peuples et organisations de tout le continent africain à s’organiser en forces

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Le devoir de protection pour les migrants noirs de Libye et d’ailleurs

La Ligue Panafricaine – UMOJA s’associe à la douleur des familles touchées par les drames de la migration, et condamne fermement toutes les formes de domination, d’exploitation, de réduction et de négation de la dignité humaine qui ont cours en Afrique du Nord, notamment en Libye, mais aussi en Mauritanie, sur la base spécifique de la négrophobie. Dénoncés depuis longtemps par des militants africains, « révélés » à l’opinion publique par des images prises en « caméra cachée » d’une « vente aux enchères » de migrants noirs en Libye par le média américain CNN et reprises de manière virale depuis, ces crimes doivent être punis et réglés avec les principales autorités concernées sans faire le jeu de prédateurs médiatiques occidentaux spécialisés pour attiser les divisions et préparer les opinions aux agendas de recolonisation. Autrefois rejetées comme étant des théories du complot pour satisfaire certains caprices, les responsabilités occidentales dans la destruction réfléchie de la Libye, en particulier le rôle criminel de Nicolas Sarkozy et de plusieurs personnalités occidentales, sont à connaître ou à rappeler au-delà des réseaux d’informations panafricains. Une plainte a même été déposée auprès de la Cour pénale internationale contre l’ancien président français, mais elle n’a guère de chance d’aboutir en raison de l’impuissance des pouvoirs africains à tordre en leur faveur un droit international créé pour rendre la justice en faveur des puissants. Quant à l’Union Africaine et aux présidents africains, ils ont montré toutes leurs carences à gérer la crise en Libye en dépit de quelques mesures comme le rappel d’ambassadeurs ou le rapatriement de ressortissants. Quant aux sociétés civiles africaines sur le continent et dans la diaspora elles tentent de mobiliser toutes les forces pour trouver une solution sans pouvoir pallier aux lacunes de nos États. Ainsi, la Ligue Panafricaine – UMOJA soutient tous les appels à manifester, à débattre et à agir pour mettre un terme à une situation où, dans les territoires précités, des hommes et des femmes, y compris des enfants et des femmes enceintes, sont victimes de graves sévices et de traitements inhumains et dégradants du seul fait de leur couleur de peau, de leur origine et de leur provenance. Toutes les mobilisations pour faire cesser une situation qui ne se limite pas qu’à la Libye doivent converger vers une résolution globale des causes profondes qui poussent la jeunesse africaine à fuir des terres qui sont pourtant les plus riches et les plus convoitées du monde. La nécessité d’aller plus loin que l’émotion et la compassion doit amener les peuples africains à s’engager pour un changement politique profond, fondé sur une souveraineté économique et monétaire. Avec la conviction que c’est en construisant un Etat fédéral protecteur, sécurisé et sécurisant que l’on parviendra à mettre un terme aux humiliations quotidiennes dont sont victimes un peu partout dans le monde nos Mères et nos Pères, nos Sœurs et nos Frères, nos Filles et nos Fils, la Ligue Panafricaine – UMOJA appelle toutes les forces panafricanistes à travailler le champ politique pour que nos réactions spontanées face aux pratiques abjectes que nous subissons depuis trop longtemps deviennent enfin des actions anticipées pour dissuader définitivement nos persécuteurs de nous infliger de nouveaux abus.   Umoja Ni Nguvu ! L’union fait la force ! Pour Le Bureau Politique Provisoire de la Ligue Panafricaine – UMOJA Le Président Henda Diogène Senny  

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VÉRITÉ ET JUSTICE  POUR LES VICTIMES DU MASSACRE DE THIAROYE

DÉCLARATION COMMUNE : VÉRITÉ ET JUSTICE  POUR LES VICTIMES DU MASSACRE DE THIAROYE   Nous sommes un jour de l’année 2018, en fin de matinée. Derrière des draps blancs tendus pour écarter les curieux, des personnes travaillent autour de la première fosse commune qui vient d’être ouverte. Un crâne, puis des dizaines et des centaines de crânes sont sortis un à un des profondeurs. Ces crânes semblent encore porter la dignité des hommes qu’ils incarnaient. Des hommes massacrés le 1er décembre 1944 par le commandement français au camp de Thiaroye pour avoir réclamé à la France le paiement de leur solde d’ex prisonniers de guerre. La description de cette scène d’exhumation pourrait bien devenir réalité un jour et contredire la déclaration du Premier ministre français Edouard Philippe s’inspirant d’une citation du président Macky Sall pour affirmer que « le problème entre la France et le Sénégal, c’est qu’il n’y a aucun problème ».   Pourtant, de Blaise Diagne, député français du Sénégal accusé de recevoir une commission pour chaque soldat africain recruté durant la Guerre de 1914-1918, jusqu’à l’engagement mortel de soldats africains sur des champs d’opérations militaires de protection des intérêts occidentaux, en passant par l’utilisation de « mains noires » pour assassiner nos figures historiques, nos pays sont liés à la France par une insupportable tradition de mercenariat et de sales coups. Provenant de toutes les anciennes colonies, allant du Sénégal au Congo en passant par le Mali, les soldats de Thiaroye, eux, n’étaient pas des mercenaires mais des résistants qui ont eu le courage de refuser de laisser l’autorité militaire française piétiner leur dignité et leurs droits.   Un des mobiles du massacre de Thiaroye est le refus de payer leur dû aux soldats indigènes (soldes de captivité, primes de démobilisation etc.) et la volonté des autorités françaises de s’emparer des économies qu’ils détenaient. Aux Etats-Unis où les autorités refusèrent de dédommager les Noirs libérés de l’esclavage en 1865, la décision de verser malgré tout les primes de guerre aux soldats noirs qui avaient combattu dans les troupes du Nord,  avait permis à la communauté africaine de constituer un capital de départ pour financer de manière autonome ses propres écoles, universités et services de base. Il ne fait aucun doute que si la France, qui s’empressa de créer le franc CFA (colonies françaises d’Afrique) en décembre 1945, avait remis l’argent qui revenait de droit à nos parents, grands-parents ou arrière grands-parents mobilisés par l’effort de guerre impérialiste, les luttes de libération africaine menées par ces derniers dans les années 1950 auraient été autrement mieux financées et armées pour renverser l’ordre colonial de manière définitive.   Les nombreuses incohérences, la falsification historique et le mensonge d’État visant à diminuer le nombre de victimes du massacre suscitent l’indignation. La vérité ne dépend pas seulement de l’ouverture des archives « secrètes » et des fosses communes afin de statuer définitivement sur la réalité et l’ampleur du crime commis, mais aussi de la tenue d’un procès en révision pour laver l’honneur, à titre posthume, de ces martyrs présentés comme de prétendus mutins.   Nous, organisations signataires, exprimons notre soutien à toutes les personnes qui consacrent leurs recherches à des enjeux historiques sensibles pour redonner de la mémoire aux peuples. Nous invitons toutes les organisations et les personnes éprises de vérité et de justice à relayer l’appel suivant :   Nous, organisations signataires, demandons solennellement aux autorités sénégalaises de procéder à l’ouverture des fosses communes identifiées, et aux autorités françaises de restituer au service historique de la défense les archives militaires du 23ème BIMA conservées au camp de Bel Air jusqu’à sa dissolution en 2011, afin que la vérité historique soit rétablie et que justice soit faite, à la mémoire des victimes du massacre du camp de Thiaroye, et au nom de leurs proches, de leurs descendants et du continent africain tout entier.   Fait à Dakar et à Brazzaville, le 1er décembre 2017   ORGANISATIONS SIGNATAIRES :     -Pour SLB/Alternative Solidaire (PASTEF, RND, Taxaw Temm, YAW) : Madièye Mbodj, Coordonnateur ; Dakar -Pour la Ligue Panafricaine- UMOJA : Diogène Henda Senny ; Brazzaville -Pour Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA-Mauritanie) : Biram Dah Ould Abeid ; Nouakchott -Pour le Parti Démocratique de Guinée (PDG-RDA) : Mohamed Touré ; Conakry -Pour le Front Progressiste et Panafricaniste (Manidem, MOCI, UPA) : D.Yebga, H. Kamgang, Th. Y. Moyo ; Cameroun -Pour le Parti Sankariste : Beneweinde Sankara ; Ouagadougou -Pour Liberté et Démocratie Pour la République (LIDER en Côte d’Ivoire) : Mamadou Koulibaly ; Abidjan -Pour le Groupe Union Calédonienne-front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS) : Roch Wamytan ; Nouméa -Pour le Groupe de Recherche et d’Initiative pour la libération de l’Afrique (GRILA) : Aziz S. Fall ; Montréal -Pour le Collectif 60 – Cameroun : Théophile Nono -Fondation Abel Goumba-Centrafrique : Bangui       Date de levée d’embargo à Dakar, le 30 novembre 2017.  

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