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Contre la françafrique : Réaffirmer notre projet panafricain

Discours de la Ligue Panafricaine – Umoja prononcé à Nairobi le 9 mai 2026 dans le cadre de la 10ème Conférence Internationale Anti-impérialiste de la Plateforme Mondiale Anti-impérialiste (World Anti-imperialist Platform). Délégués, d’ici et d’ailleurs,De la Diaspora historique, et du continentFrères et Sœurs, Camarades de lutte, distingués invités en vos rangs et grades, C’est un honneur pour moi de me retrouver sur la terre des Mau-Mau, cette terre qui est irradiée par l’énergie et la mémoire de ces combattants de la liberté. Nous sommes ici, au rassemblement de la vérité, face à l’imposture du sommet Africa Forward pour l’innovation et la croissance.En ce moment même où je me tiens devant vous, Ils disent que l’Afrique est construite, mais la question que Malcolm X nous poserait aujourd’hui est simple : qui possède les briques et qui porte le ciment ?Si vous construisez une maison qui ne vous appartient pas, vous n’êtes pas un bâtisseur, vous êtes un esclave moderne déguisé en partenaire. C’est pourquoi le sage de BANDIAGARA rappelait que les africains sont assis sur une mine d’or, qu’ils devraient mieux faire prospérer au lieu d’aller chercher fortune ailleurs. Et l’ailleurs nous l’avons identifié ce sont ces sommets. France-Afrique / Russie-Afrique / Chine-Afrique / Italie-Afrique. Autant de sommets où l’Afrique n’est pas en capacité de décider d’elle-même. Et ce n’est pas la récente prise d’otage de la présidente du conseil italien, qui en 2026 a imposé son sommet Italie-Afrique en marge du sommet de l’Union Africaine.Le plan dit MATEI a pour but de soutenir les économies africaines pour limiter l’émigration venant d’Afrique, tout en y étendant l’influence de l’Italie.Nous sommes d’accord, l’Afrique c’est bien 54 pays et bientôt la 1ere puissance démographique mondiale, comparé à elle, l’Italie est un nain. Hélas, l’Afrique faible, désunie est donc poreuse à tous les souffles du moment. C’est pourquoi nous préconisons comme arme de résistance de la France-Afrique, de l’impérialisme : LE PANAFRICANISME. I. LE « POKER FACE » DE L’OPPRESSEUR Camarades ! Ce sommet officiel est le visage « propre » de l’impérialisme. On y parle d’innovation avec un sourire de velours dans des salons feutrés tout ceci porté par une communication savamment orchestrée. Pour citer l’historien et militant Amzat Boukari-Yabara, l’impérialisme a un second visage caché derrière ce visage propre, ce visage policé. Il s’agit d’un visage sanglant.D’un côté, il pille avec des contrats verrouillés, opaques et des beaux discours, salons feutrés, donnant l’impression que l’Afrique avance. De l’autre, il tue avec les armes qu’il fournit aux régimes illégitimes et très souvent illégaux. Camarades ! Sachons qu’on peut aussi très bien avancer, à reculons et cela s’appelle mourir. Ainsi pour nous permettre une claire vue je me dois de faire un rappel historique.La France-Afrique a été théorisée pour la première fois dans un livre intitulé « Coopération économique franco-africaine », de René Hoffer. Dans ce livre, il décrit un mécanisme fort simple : les régions d’outre-mer comme jadis les colonies doivent être administrées pour l’intérêt exclusif bien de la métropole. La France Afrique existait donc bien avant les indépendances, il s’agit de la continuité du système de domination, colonialiste, capitaliste, hégémonique, enfin réactionnaire.Bref un système de mort programmé que Aimé Césaire décrit dans « Discours sur le colonialisme » paru chez Présence Africaine comme un “saccage de civilisation”. Hier, en décembre 2025, était organisée une conférence des barreaux à Lomé, où des prix étaient décernés au nom du Droit. Mais au même moment, Steve Rouyard un guadeloupéen était au cachot pour avoir manifesté, auprès des camarades, lors d’une révolte populaire interdite par les autorités contre le coût de la vie, le prix de l’électricité et contre une réforme constitutionnelle permettant aux dirigeants de se maintenir au pouvoir sans limite de mandat.Ils parlent donc de démocratie, de liberté et de progrès dans ces sommets mais arment des régimes oppressifs, à Abidjan, à Yaoundé, en Guinée-Bissau pour traquer des camarades militants qui réclament leur dignité. Qu’on ne perde pas de vue l’essentiel. Ce sommet s’inscrit suivant les sources du Ministère des affaires étrangères français « dans la continuité du Sommet sur le financement des économies africaines de Paris en 2021 ». Vous l’aurez compris, il s’agit de la continuité et du renforcement du sommet de Montpellier. C’est ça la FRANCE AFRIQUE. C’est l’hypocrisie déguisée en démocratie. Ce que j’appelle l’hypocrisie du masque de la démocratie le « Poker Face » : une main qui serre la vôtre, et l’autre qui arme le bras de la répression, contre les populations dont on dit vouloir faire le bonheur. Camarades, il est clair que depuis ses débuts l’impérialisme est resté dans sa structure le même. Il est au sens du sociologue Immanuel WALLERSTEIN celui-là qui a besoin de l’état, « l’Etat est essentiel à sa survie ». Le sommet Africa Forward pour l’innovation et la croissance, est co-présidé, et c’est une première, avec un pays anglophone le Kenya, démontre la pertinence de cette vérité. Les dirigeants du Kenya se rendent ainsi complices au 21e s de cet empire qui se refuse résolument à mourir. Il y a 10 ans, en 2016, le monde entier a observé stupéfait à la condescendance, le mépris, l’irrévérence organisée d’un chef d’État français contre son homologue burkinabè. Le sommet Africa Forward marque une étape majeure dans les relations entre la France et le continent africain, près de dix ans après cette scène d’humiliation face à des étudiants burkinabè stupéfaits, il serait puéril de croire aux recettes qui naguère n’ont guère fonctionné. Prenez garde au retour du bâton si vous vous faites des illusions sur la condescendance de l’ancien maître. II. Le Soudan, la RDC, le Togo, la Côte d’Ivoire : Le Miroir du Chaos Organisé Regardez le Soudan ! Regardez en RDC ! Pourquoi le silence est-il si lourd sur le massacre de nos frères & Sœurs ? Parce que là-bas, le « Poker Face » est tombé.L’impérialisme ne s’embarrasse plus de mots. Il laisse le pays se déchirer pour mieux en contrôler les restes. Le Soudan et la RDC sont la preuve que pour ces puissances, la vie d’un Africain ne

Manifestation contre le Sommet Françafrique à Nairobie
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Déclaration sur l’arrestation de camarades anti-impérialistes à Nairobi

Le Comité Central d’Organisation du Parti Communiste Marxiste du Kenya condamne fermement les arrestations, l’intimidation et le harcèlement perpétrés par l’État kenyan à l’encontre de camarades locaux et internationaux ayant participé à la manifestation contre l’impérialisme français et au contre-sommet organisé à Nairobi contre le prétendu « Africa Forward Summit ». Ces arrestations révèlent le véritable visage du régime de Ruto : une administration néocoloniale et compradore agissant pour la défense des intérêts impérialistes au détriment des droits démocratiques du peuple. Le régime a choisi de criminaliser la solidarité anti-impérialiste tout en déroulant le tapis rouge aux exploiteurs étrangers et aux agents du capital monopolistique. Parmi les personnes arrêtées figurent des militants, intellectuels et organisateurs révolutionnaires et anti-impérialistes de renommée mondiale, venus de différentes régions du globe pour exprimer leur solidarité avec les masses africaines en lutte contre l’impérialisme, la militarisation et la domination néocoloniale. Les camarades arrêtés incluent : Dimitiros PatelisLee et Danbi (Corée du Sud)Joti BrarGacheke GachihiGuy BremondSayialel MankuyioJuliaus KamauJohn KamauBrian MwanziDerivk OpiyoFredrik YaraColins Otieno Leur seul crime est de se tenir aux côtés des opprimés. Leur seul crime est de rejeter la domination impérialiste. Leur seul crime est de déclarer que l’Afrique n’est pas à vendre. L’arrestation de délégués internationaux démontre une fois de plus la panique croissante au sein des cercles impérialistes et compradores. Ils craignent l’unité des forces révolutionnaires et progressistes à travers les continents. Ils craignent la solidarité internationale contre l’impérialisme. Ils craignent un peuple politiquement conscient. Nous rappelons au régime de Ruto que la répression n’a jamais vaincu la lutte des peuples. Les camps de détention coloniaux n’ont pas vaincu le mouvement de libération. La répression anticommuniste de Moi n’a pas vaincu la lutte pour les droits démocratiques. Les lois fascistes et la terreur policière ne feront pas taire les masses aujourd’hui. Comme nous l’a enseigné Kwame Nkrumah, l’indépendance de l’Afrique n’a pas de sens si elle n’est pas liée à la libération totale du continent vis-à-vis de l’impérialisme et du néocolonialisme. En conséquence, nous exigeons : Le Parti Communiste Marxiste du Kenya réaffirme sa solidarité indéfectible avec tous les camarades arrêtés. Une blessure infligée à l’un est une blessure infligée à tous. La lutte contre l’impérialisme est internationale, et aucune répression ne vaincra les masses organisées du peuple. Toujours en avant dans la lutte contre l’impérialisme ! Toujours en avant dans la solidarité internationale ! La victoire appartient aux travailleurs et aux paysans ! Publié par : Le Comité Central d’Organisation Parti Communiste Marxiste du Kenya

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RAPPORTS COLONIAUX FRANCE-AFRIQUE ET COLLABORATION ACHILLE MBEMBE-EMMANUEL MACRON : LES DOUTES ET LES RÉSERVES DE L’HISTOIRE

Par Nôb Georges Boniface Nlénd V, Ph.D Le destin des Chaînes est d’être cassées. Ceux qui enchaînent posent un acte définitif, dans la mesure où leur conscience de l’Alternative à la rupture des Chaînes se présente essentiellement sous la forme d’un boomerang dramatique. C’est pourquoi l’enchaînement est un acte définitif. De même, c’est pourquoi la Rupture des Chaînes est révolution authentique. L’un des effets les plus corrosifs de la violence coloniale sur l’Afrique et l’une des conséquences les plus dramatiques du Projet colonial sur les Africains, c’est de leur avoir oblitéré le sens de la nécessité, le sens de la réalité, le sens des mots. Il en découle un réel malaise et un réel doute quant à la réception du discours dans un contexte de Surdité où les mots n’ont plus leur sens… Depuis le début de cette affaire, je m’emploie à un effort extrême de réflexion pour identifier les garanties probantes d’une réception sereine de la Collaboration pipée, en vain. Rien! En dépit des meilleures dispositions et de tous les efforts de réflexion, je suis invariablement ramené à l’irréductible réalité des structures opératoires de l’histoire. L’histoire est sceptique. C’est l’histoire elle-même, c’est-à-dire la réalité du temps, qui semble irréductiblement rétive à cette Collaboration bizarre non entre Achille Mbèmbè et Emmanuel Macron, mais bien entre l’Afrique dont le premier entend mobiliser « les forces vives » et la France que le second ne saurait ni embarquer ni décider dans cette démarche improbable et contre-nature. Depuis le début de cette affaire, la majorité des Africains relativement attentifs ne s’est pas relevée de la stupéfaction devant ce qui apparait aux yeux de ceux qui –comme moi –lui reconnaissent encore toute son intégrité et sa bonne foi, une grossière et lamentable naïveté. La naïveté, c’est le plus respectueux et le plus décent attribut qui rend compte de la démarche de collaboration d’Achille Mbèmbè et Cie à la énième infantilisation des Africains. Grossière et lamentable naïveté, que le philosophe universaliste appelle naïvement dans son explication, la « curiosité intellectuelle ». J’ai parlé des Africains “relativement attentifs”, parce que ceux qui ont suivi sa collaboration au GEMDEV, un de ces innombrables outils que l’Empire mobilise pour développer la connaissance destinée à entretenir la cristallisation du projet colonial à travers les sciences sociales et humaines1, étaient déjà au courant de son identité intellectuelle, Senghor, Mudimbe, Memel-Fotê, Mabanckou, Mamadou Diouf et tous les autres du Clan de « la complicité locale », de « l’appropriation indigène », de « la faute partagée », de « la logique interactive » et de « la continuité historique »; tous, de la caste des prêtres africains d’un Dynamisme génétiquement amorphe dont la vocation, coloniale, est de distraire les Africains de la voie du Relèvement révolutionnaire. En effet, ceux des Africains qui, contraints de leur métier à suivre assidument les marqueurs littéraires de son intellectualité, plus loin au-delà de La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun2, ont clairement perçu qu’Achille Mbèmbè ne fera pas partie des révolutionnaires. La participation de Mbèmbè à l’analyse coloniale française de l’Afrique ne date donc pas d’aujourd’hui! Comme l’écrasante majorité des Africains, il n’a pas eu la chance de recevoir le vaccin diopien, et la nature de son contact à la France est fondatrice d’une intellectualité certes chatoyante, mais naïve, errante et stérile. Achille Mbèmbè fait partie de la composition, de l’altérité, de la relation, de l’universel. Il semble définitivement clair qu’autant les Africains lui sont éternellement reconnaissants du geste de 1996, autant Um lui renierait vertement sa paternité aujourd’hui. Autrement dit, autant le compte rendu historien que Mbèmbè développe de l’anticolonialisme indépendantiste kamerunais est éternellement édifiante, autant sa philosophie de l’histoire de l’Afrique est profondément erronée et fondamentalement biaisée par le cancer senghorien de l’universalisme, de la composition, de l’altérité, de la relation. Depuis le début de cette affaire, je suis répétitivement le discours d’explication, de justification, de légitimation et de mobilisation qu’Achille Mbèmbè délivre dans les cercles savants comme dans les Réseaux sociaux, à la télévision et à la radio, avec la préoccupation de comprendre, de saisir le moindre bout qui tienne la route, en vain. Aucun des concepts centraux qui soutiennent sa démarche ne résiste à la science. La science étant, en guise de rappel pour ceux qui auraient été distraits, l’effort structuré ou méthodique de connaissance du réel ou de la réalité. Depuis le début de cette affaire, bien que très rapidement revenu de la stupéfaction devant son engagement à collaborer à la réflexion macronienne sur les rapports Afrique-France3, j’ai beau chercher comment lui trouver du crédit, j’ai beau chercher comment lui donner du crédit, j’ai beau chercher par quel bout me rassurer de sa démarche, j’éprouve un mal fou à entrevoir même une once de promesse. A contrario, j’ai le sentiment malaisé d’un bis repetita, alors que je me rappelle un débat morgueusement porté par l’élite française d’État il y a quelques années, sur « les aspects positifs de la colonisation ». “Les aspects positifs de la colonisation”…, funeste héritage du narcissisme obtus des renégats, de l’égotisme naïf et vicieux des ministres de l’Union coloniale, de la filiation directe de Houphouët Boigny, Senghor et tous les autres Garçons de course d’hier et d’aujourd’hui, pitoyables fusibles de la Trahison continuée et du Drame enraciné. En guise d’argument à ses contradicteurs, Mbèmbè avance la nécessité du mouvement ou plutôt du démènement, peut-être du progrès ou en tout cas de la marche, par opposition à ce qu’il appelle dédaigneusement « l’immobilisme ». Achille Mbèmbè identifie ainsi l’immobilisme à « Cheikh Anta Diop, Thomas Sankara, Kwamè Nkrumah ». L’affirmation de l’argument pragmatiste –auquel le Génie colonial a fermement réduit et bloqué l’intelligence des Africains –porté dans ce raisonnement est un aveu d’incapacité, limite de l’intelligence et du potentiel de détermination et de déploiement de son existence. Je formule cet énoncé à dessein à l’adresse de justifications resignées et paresseuses. Le pragmatisme, c’est quand on confesse que l’on ne peut faire autrement, quand on avoue que l’on ignore comment faire autrement; et surtout, quand profondément

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