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Il y a 7 ans, mourrait Abel Goumba, l’Hommage de la LP-Umoja

Il y a 7 ans, mourrait Abel Goumba Panafricaniste, militant anticolonialiste Elève et compagnon de Barthélemy Boganda Création de la Fondation Abel Goumba (FAG) Président Abel GOUMBA, « Le vent agite les feuilles des arbres comme la mort secoue les hommes ». Ce proverbe Ovimbundu (Angola), montre notre impuissance devant la mort. Voilà 7 ans maintenant que tu nous as quittés, toi le baobab, le gardien de la mémoire des luttes anticoloniales. En effet, le 11 mai 2009 au matin, alors que je venais de rentrer de Bangui, 10 jours plus tôt, soit le 30 avril, pour la présentation du 2ème tome de tes Mémoires et Réflexions Politiques sous le titre : « Mémoires et Réflexions Politiques, du Résistant anti-colonialiste, démocrate et militant Panafricaniste, Abel GOUMBA », après celui de janvier 2006 relative à la présentation du 1er tome, j’apprenais la terrible nouvelle de ta disparition. Ce 30 avril 2009, à 83 ans et malgré les douleurs persistances aux genoux, la journée fut pourtant chargée, et disons, réussie. Tu avais magistralement défendu tes Mémoires tant devant les officiels invités à l’occasion à l’hôtel SOMBA, que devant les étudiants l’après-midi, à l’Université de Bangui. Pour ta fidélité aux idéaux de la libération de l’Afrique, pour ta dignité, pour ton intégrité et pour ton Panafricanisme, nous, tes amis, nous ne t’avons pas oublié. Ainsi, les 28 et 29 décembre 2015, sur invitation du Collectif des Associations des Jeunes Centrafricains, tes amis panafricanistes s’étaient rendus à Bangui pour annoncer la création de la Fondation Abel Goumba (FAG) dont l’objectif est de perpétuer ta mémoire et ton héritage politique. GOUMBA, symbole de la fidélité : L’homme qui a été ton Maître à l’école Primaire Supérieure de BAMBARI vers les années 42-43, qui deviendra par la suite ton Mentor Politique en faisant naître en toi le sentiment nationaliste par ses enseignements et par la correspondance politique abondante que vous entreteniez alors que tu étais à l’école de médecine « William Ponty » à DAKAR ; il fera de toi en 1957 le personnage politique le plus important en te désignant Vice-Président du premier gouvernement Oubanguien sous la loi Cadre, en se réservant lui-même pour la Présidence du grand Conseil de l’AEF à Brazzaville ; enfin, après sa tragique disparition le 29 mars 1959, cet homme deviendra ton « Modèle Politique ». J’ai nommé Barthélemy BOGANDA : sa vie, son action politique, ses idéaux sont devenus ton VADEMECUM politique, ainsi que tu l’avais promis dans l’oraison funèbre consacrée au Président BOGANDA, le 3 avril 1959 à l’occasion de ses obsèques. Président GOUMBA, l’histoire a retenu que le dernier acte politique majeur de ton Maître, devenu ton « Mentor Politique » et enfin de ton « Modèle Politique », fût de planter le drapeau Centrafricain, j’aurais mieux dit le drapeau PANAFRICAIN, telle est la vocation de ce pays, socle de l’Unité Africaine. En ce qui te concerne Président GOUMBA, l’histoire retiendra que le 30 avril 2009, ton dernier acte politique majeur, a consisté à présenter tes Mémoires dans un ultime effort malgré un état de santé particulièrement fragile, et nous pouvons le dire aujourd’hui, a posteriori, pour avoir été témoins à tes côtés en te servant quelquefois d’appuis. Mémoires dans lesquelles à chaque mot, à chaque ligne, à chaque paragraphe, à chaque page, tu avais fait la démonstration de ton indéfectible attachement aux idées de BOGANDA au prix des privations, déportation, emprisonnement, exil et j’en passe. Voilà la meilleure preuve de ta fidélité politique. GOUMBA, symbole d’intégrité : Ceux qui ne connaissent pas l’histoire ont souvent vite fait de railler ton slogan : « Maboko Avourou », entendu mains propres, comme une démagogie politicienne, ne savent pas que dès ton entrée en politique sous La loi-cadre, tu avais inauguré ton action par un acte frondeur dans le sens de l’intégrité. En effet, on se souviendra que dès l’entrée en fonction du gouvernement de la Loi-cadre, le 14 mai 1957, tu t’es élevé contre l’acquisition des voitures de luxe, fort coûteuses destinées aux ministres, à cause des maigres ressources financières du gouvernement local. Ce qui paraissait normal à tes collègues africains du gouvernement, souvent aux regards hagards dus aux avantages matériels liés à leurs fonctions, toi, Abel GOUMBA, tu te démarquais, suscitant ainsi un malaise en mettant le doigt sur le décalage entre les discours moralisateurs des dirigeants politiques et l’exercice du pouvoir. Président Abel GOUMBA, nous autres, nombreux sympathisants panafricains, tu avais l’habitude de nous surprendre à chacune de tes visites en Afrique ou en France, en préférant séjourner dans les hôtels modestes, non pas parce que tu ne pouvais payer les palaces luxueux, mais pour être en conformité avec tes convictions de justice sociale et de modestie. GOUMBA, symbole de la dignité : Président GOUMBA, en 1964, après ton exil forcé, tu m’as confié que tu ne supportais pas que l’on te traite de médecin colonial comme si ta formation était au rabais. Tu as décidé alors de faire un doctorat de médecine comme s’il fallait aussi décoloniser tes diplômes. L’initiative, quoi que louable, mais ne fût pas aisée à entreprendre car comment redevenir étudiant en faculté, après avoir été, successivement Vice-président du gouvernement sous la Loi-cadre, Ministre des finances, Président de la République par intérim ? Mais, toi, Abel GOUMBA, homme digne, tu es reparti à l’école comme un étudiant, non plus seulement pour obtenir ton doctorat « décolonisé », mais en poussant plus loin jusqu’à l’Agrégation et multiples spécialités, et ce durant 9 ans d’études supplémentaires. Cet épisode, comme tant d’autres qu’il serait long d’évoquer ici, montre à suffisance ton attachement à la dignité ! GOUMBA, la voix infatigable : Président GOUMBA, ta voix forte qui s’entendait sur les ondes radios et les télévisions pour décrier les conflits militaro-politiques s’en est allée. Ces dernières années, la situation africaine en générale et celle de la RCA en particulier se sont détériorées : Attentats, fusillades, viols, conflits dit-on inter-religieux, etc. La RCA a frôlé la scission, hélas oui les poussières d’Etats n’ont pas l’air d’être déjà plusieurs sur le continent. Toi, Abel GOUMBA, jamais tu n’es resté silencieux face à de telles situations car tu estimes que le silence constitue une trahison vis-à-vis de

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LP-U – Déclaration du 22 avril 2016 – Congo-Brazzaville : Tragédie en Néocolonie

Déclaration du 22 avril 2016 Congo-Brazzaville : Tragédie en Néocolonie La Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U) exprime son inquiétude et sa vive préoccupation face à la situation qui prévaut au Congo. En effet, depuis la tenue du scrutin présidentiel du 20 mars 2016, suivie du hold-up électoral par le candidat-président, un climat délétère créé et entretenu par le pouvoir règne dans le pays. Les candidats des partis d’opposition et leurs militants ont été intimidés, mis en résidence surveillée ou arrêtés. La Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U) dénonce cette situation arbitraire et exige la libération de tous les prisonniers politiques sans condition. Aujourd’hui, le dictateur congolais tire sur son propre peuple. Le point culminant de ce climat de terreur a été certainement atteint avec l’organisation de raids aériens dans le département du Pool, sur fond de tribalisme et sous le prétexte fallacieux de procéder à l’arrestation du Pasteur Ntumi, naguère partenaire du même pouvoir. La Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U) rappelle que ce qui est tantôt présenté comme une opération de police, tantôt comme une opération militaire, voire même nié par la propagande du pouvoir, ne s’inscrit dans aucun cadre judiciaire et n’a eu pour conséquence que de massacrer et traumatiser les populations de ce département déjà très éprouvées par les guerres successives de ces vingt dernières années. Nous, Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U) exigeons du gouvernement congolais l’arrêt immédiat des bombardements, l’ouverture des corridors humanitaires afin de permettre l’évacuation et le soulagement des populations prises en otage, ainsi que la levée des menaces et des poursuites contre les militants et leaders de l’opposition. La perpétuation des régimes néocoloniaux au Congo depuis son accession formelle à la souveraineté internationale, le 15 aout 1960, fait des confrontations électorales notamment les élections présidentielles, des moments de vives tensions et des tragédies meurtrières. Il est incontestable que les événements insurrectionnels d’octobre 2015 relatifs au changement de la Constitution ont démontré que le vrai pouvoir se trouve à Paris et non à Brazzaville. Ainsi, entre le pouvoir et l’opposition, la France, en troisième acteur majeur et non l’arbitre du jeu politique, en fonction de ses intérêts, soutient le camp le plus sûr du moment. D’ailleurs, espérant l’appui de l’ancienne puissance coloniale, chaque camp opposé se garde bien de dénoncer clairement, le contrôle des ressources stratégiques du Congo, l’absence de souveraineté monétaire, les dettes odieuses et le contrôle des renseignements militaires qui font de ce pays une piteuse néocolonie en plein 21ème siècle. Au regard de ce qui précède, la Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U) rappelle cette évidence élémentaire que la Démocratie sans souveraineté est une dangereuse illusion vendue aux populations. Quand l’action politique n’est basée que sur la séduction du peuple, elle conduit à la démagogie et aux désillusions, alors que l’instruction élève les populations. Instruire au lieu de séduire, telle doit être la ligne noble des élites politiques. Les Congolais doivent conquérir leur Souveraineté dans un élan fédérateur afin d’exercer le contrôle démocratique sur leurs gouvernants. Le désordre, l’injustice, la discrimination, le chaos, tous ces éléments caractéristiques du sous-développement organisé, sont consubstantiels au Néocolonialisme ! Vive le Congo, Vive l’Afrique ! Paris, 22 avril 2016 Le Bureau Politique Provisoire PDF : Declaration_Congo_22 Avril 2016_LP-Umoja

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COMMUNIQUE : HOMMAGE DE LA LP-U A MME LOUISE MAES DIOP

  COMMUNIQUE – HOMMAGE DE LA LP-U A MME LOUISE MAES DIOP La Ligue Panafricaine -UMOJA (LP-U) a appris avec une immense tristesse, le décès de Madame Louise Maes-Diop, veuve de Cheikh Anta Diop, le vendredi 4 mars 2016. La Ligue Panafricaine – UMOJA présente ses sincères condoléances à sa famille ainsi qu’à toute la communauté scientifique et panafricaniste. Géographe, militante, panafricaniste, Madame Maes-Diop a, aux côtés de son mari, œuvré sa vie durant à la Renaissance Africaine. Excusée de n’avoir pu répondre à la cérémonie de création de la Ligue Panafricaine – UMOJA en 2010, elle avait néanmoins tenu à porter sa contribution au débat idéologique lancé par notre Organisation. Ainsi, dans sa lettre de remerciement à la réception de notre premier ouvrage « Ligue Panafricaine du Congo-UMOJA : Contribution au débat public », Madame Maes-Diop nous écrivait :« Ce livre qui réunit les contributions remarquablement documentées et approfondies des membres de votre Ligue, aidera certainement nombre d’africains à prendre conscience de la situation réelle de l’Afrique subsaharienne, de ses possibilités et de la direction dans laquelle les actions devraient être menées. Vous avez bien vu, en particulier, ce que les Africains d’aujourd’hui peuvent continuer à extraire des travaux de C.A. Diop, puisque les forces d’inertie et la néocolonisation ont empêché la résurrection et le développement de l’Afrique Noire jusqu’à maintenant. » Insistant sur la question linguistique, elle ajoutait : « la question linguistique (…) est la plus fondamentale, la plus importante, la plus essentielle, la priorité. Le fait de dispenser l’enseignement exclusivement en français engendre divers effets pervers grave : taux de redoublement et d’abandon très élevés, coupure entre instruits et non-instruits, ainsi qu’entre gouvernants et gouvernés, faible rentabilité de l’enseignement, faible pourcentage de scientifiques et de techniciens compétents, grande insuffisance constructives, accroissements du nombre des sans-emplois, des pauvres, des délinquants » Datée du 30 janvier 2012, nous avons décidé de rendre publique la totalité de cette lettre afin de rendre hommage à cette femme combattante et surtout qu’elle serve la base documentaire a la famille panafricaniste. En renouvelant, nos sincères condoléances à sa famille ainsi qu’à toute la communauté scientifique et panafricaniste, nous saluons respectueusement la mémoire d’une femme de combat et humaniste.   Fait à Paris le 19 mars 2016  Lettre du 30 janvier 2012 de Mme Louise Maes Diop à la LPC-U

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Un premier livre sur Franklin Boukaka, artiste panafricain et engagé.

  Sortie du premier livre sur Franklin Boukaka. Ce livre est écrit par un panel de jeunes auteurs africains. Quatorze auteurs originaires de divers pays d’Afrique (Congo, Gabon, Sénégal, Cameroun …) rendent hommage à l’artiste panafricain et engagé, Franklin Boukaka, en s’inspirant des textes du chanteur. Le répertoire de Boukaka est revisité : Le Bucheron – Pont sur le Congo – Les Immortels – Nakoki – Louzolo … L’histoire du Continent est racontée à travers ces différentes plumes. Ce livre est édité par La Doxa Editions. OrigraphCom : 10 Rue du séminaire 94516 Rungis Cedex France, Décembre 2015. Achetez-le en Librairie Vous pouvez le commander : par mail à ladoxaeditions@gmail.com en ligne sur www.ladoxa-editions.com, sites de commande en ligne.

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Interview de Amzat BOUKARI-YABARA sur le franc CFA au Bulletin d’Information du groupe de travail « Afriques en Lutte »

Interview de Amzat BOUKARI-YABARA sur le franc CFA Amzat Boukari-Yabara a donné une interview au Bulletin d’Information du groupe de travail « Afriques en Lutte », n° 31 Hiver 2016. Amzat BOUKARI-YABARA est historien et écrivain. Il est l’auteur de plusieurs articles et ouvrages d’histoire et de géopolitique africaine. Son dernier livre est Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme , publié aux éditions La Découverte en 2014. Il est également l’un des animateurs de la Ligue panafricaine – Umoja (LP-U) . AFRIQUES EN LUTTE : Bonjour Amzat BOUKARI-YABARA, pouvez-vous nous expliquer la genèse du franc CFA ? Amzat BOUKARI-YABARA : La monnaie connue sous son acronyme CFA est le franc des colonies françaises d’Afrique. Le CFA a été créée par un décret signé le 25 décembre 1945 par le général Charles de Gaulle. La seconde guerre mondiale vient de se terminer, et la France se retrouve dans le camp des vainqueurs. Elle le doit en grande partie à la contribution militaire et économique de son empire colonial. Jusqu’en 1943, la capitale officielle de la France libre est bien Brazzaville, et c’est de là qu’en janvier 1944 le général de Gaulle organise une conférence pour annoncer que la France exclut absolument toute indépendance de ses colonies après la fin de la guerre. En juillet suivant, lors de la signature des accords de Bretton Woods, la France obtient l’inclusion parmi les monnaies reconnues du nouveau système monétaire international ce qui deviendra officiellement le CFA en décembre 1945. Le système du CFA se met en place dans les deux blocs que sont l’AOF et l’AEF, ainsi qu’aux Comores. Le système qui permet de rapatrier les avoirs africains en France reprend le mécanisme mis en place par le régime nazi durant l’Occupation. La France imprime et injecte une somme de billets équivalent au montant des avoirs qu’elle récupère dans le cadre de l’économie coloniale. Une première faille intervient en septembre 1958, lorsque la Guinée de Sékou Touré prend son indépendance et, avec l’aide du Ghana de Kwame Nkrumah, lance sa propre monnaie. Sékou Touré lance la fameuse formule : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’esclavage dans la richesse. » Revenu au pouvoir et inquiet de voir l’exemple guinéen faire tâche d’huile, de Gaulle réagit en faisant de la question monétaire un enjeu stratégique. Outre le sabotage des économies des pays qui sortiront du pacte monétaire (Guinée, Mali sous Modibo Keita), la signature de ces accords monétaires devient l’une des conditions de l’octroi des indépendances. Les autres conditions étaient de maintenir des accords militaires, commerciaux, diplomatiques et culturels privilégiés avec la France. Depuis, ces accords se sont renforcés en dépit du retard cumulé pour les pays africains. AFRIQUES EN LUTTE : Beaucoup d’économistes dénoncent le caractère inique de cette monnaie. Pouvez vous nous dire en quoi le franc CFA n’est pas du tout dans l’intérêt des pays africains qui l’utilisent comme monnaie depuis les Indépendances ? ABY : La souveraineté d’un Etat se constate au niveau de sa diplomatie, sa défense et son commerce, plus précisément le commerce extérieur qui amène à échanger avec d’autres Etats également indépendants, et à défendre dans ce cadre-là ses intérêts. La monnaie est donc un élément d’identité nationale et un outil de souveraineté et de reconnaissance international. Il est difficile de se développer sans avoir le contrôle de tout le circuit monétaire qui ne se résume pas à la planche à billets. Le franc CFA a été créé en 1945, ce qui veut dire que les Etats africains sont devenus indépendants dans un système monétaire dépendant. Par conséquent, le maintien dans le franc CFA constitue une amputation réelle de leur souveraineté. La France a toujours défendu le CFA en disant que cette monnaie faciliterait l’intégration de ses anciennes colonies dans le commerce international, leur donnerait de la stabilité et de la confiance pour attirer les investisseurs étrangers. Inutile. Le bilan aujourd’hui est sans appel. Outre la faiblesse du commerce à l’intérieur de la zone CFA, il convient d’ajouter l’inconvertibilité du CFA entre les deux zones, celles d’Afrique de l’Ouest et celle d’Afrique centrale, qui dépendent de deux banques centrales distinctes. Le CFA d’Abidjan n’est pas accepté à Libreville et inversement. En dehors des zones, il est impossible, voire interdit de convertir du CFA dans une autre monnaie. La parité fixe avec le franc français puis l’euro empêche toute cotation du CFA. Les pays concerné ne peuvent donc avoir aucune politique monétaire en dehors des limites définies par le CFA. AFRIQUES EN LUTTE : Comment peut-on expliquer le maintien du franc CFA après le passage à l’euro? Pourquoi les États qui utilisent le Franc CFA ne peuvent pas créer leur propre monnaie? Est-ce si compliqué que ça surtout quand on sait que c’est la base même d’une Indépendance ? ABY : Le mécanisme du maintien du franc CFA dans le cadre du passage à l’euro a été mis en place par Dominique Strauss Khan, qui était à l’époque le locataire de Bercy. Entre parenthèse, ce n’est peut être pas une coïncidence de voir que DSK a été évincé de son poste au FMI la même année que Kadhafi et Gbagbo dont les projets monétaires nécessitaient des interlocuteurs au fait des accords initiaux. Le FMI de Christine Lagarde a d’ailleurs reconnu les rebelles libyens comme « gouvernement » légitime avant même la mort de Kadhafi. Bref, logiquement, on pourrait penser que le passage du franc français à l’euro aurait entraîné la fin du CFA. Néanmoins, l’euro est juste devenu la nouvelle monnaie de rattachement du CFA et du franc comorien. Pour la France, il s’agissait de garder son contrôle exclusif et privilégié sur l’économie et le budget d’une quinzaine de pays africains. Les négociations menées entre la France et la Commission Européenne incluaient en échange du maintien de la tutelle française sur le CFA une ouverture des pays de la zone CFA aux investissements européens, notamment les futurs APE. Maintenant, les Etats qui utilisent le CFA ont les moyens techniques de créer leur propre monnaie, mais la

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