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Histoire

1896 : La bataille d’Adoua ou la victoire de l’Ethiopie sur l’Italie

Connu aussi sous le nom d’Abyssinie, l’Ethiopie, ancien grand empire situé au coeur de la corne de l’Afrique de l’est, a été très secouée dans la seconde moitiédu 19ème siècle. Son empereur Ménélik II a dirigé une farouche résistance à l’impérialisme européen. L’Ethiopie apparaissait comme un emblème vivant pour les fondateurs de l’ensemble panafricain. Ethiopie, lieu d’attirance des fondateurs du mouvement panafricain Pour plusieurs originaires des Caraïbes, c’était le lieu de travail. Le Docteur Joseph Vitalien, Guadeloupéen, né au Moule le 4 avril 1868, fut le médecin de confiance de l’Empereur Ménélik après que ce dernier soit convaincu de ses capacités de guérisons. L’Haïtien Benito Sylvain et le Cubain Guillermo Enrique Ellesio y étaient aussi. Benito fut le délégué de l’Ethiopie et d’Haïti à la Conférence Panafricaine de 1900. Il attribua à Ménélik le titre honorifique de “Grand Protecteur de l’Association Panafricaine”. L’Unification et l’Indépendance de l’empire abyssinien Cette évolution doit son nom à Kasa Haylu, devenu empereurTewodros II qui a soumis sous son autorité les Ras (Princes gouverneurs) des différentes provinces d’Ethiopie: Tigrai, Begemdir, Gojam, Simien, Wollo et Shoa. Il a ainsi inauguré sous son règne (1855-1868) l’Ethiopie moderne. Les provinces d’Amhara et du Tigrai servirent de point de départ à l’expansion du gouvernement impérial dans la seconde moitié du 19ème siècle. De 1872 à 1889, Kasa Mercha (Yohannes IV), successeur de Kasa Haylu, continua le combat en repoussant les percées égyptiennes et les Mahdistes du Soudan. Les côtes africaines de la Mer rouge et du Golfe d’Aden étaient sous le contrôle des égyptiens avant l’occupation anglaise en 1882. Dès 1883, suite au soulèvement du mahdi Muhaimad Ahmad au Soudan,les troupes britanniques et égyptiennes abandonnèrent leur position. Le 3 juillet 1884, la réappropriation des terres de la frontière soudanaise occupées par l’Egypte, l’Ethiopie et le libre accès du port de Massawa (sous protection britannique) furent décidés entre Yohannes et le Contre-amiral anglais William Hewett. La naissance de l’Erythrée Produit pur et simple des décisions prises lors de la Conférence de Berlin, la naissance de l’Erythrée a eu lieu suite à la cession de Massawa aux italiens car les britanniques visaient beaucoup plus dans leur rivalité avec les français. A l’arrivée des italiens, ils ignorèrent le traité du 3 juillet 1884 et interdirent la pénétration à l’intérieur du pays en élevant des fortifications. Le Ras Alula arrêta en 1887 une avancée italienne qui obligea les italiens à rester sur la côte éthiopienne. Deux (2) ans plus tard, en 1889, lors d’une bataille contre les mahdistes du Soudan, l’empereur Yohannes trouva la mort. Les italiens profitèrent de la décomposition de l’armée après leur victoire face aux mahdistes, pour progresser à l’intérieur du pays. Ils implantèrent alors la colonie de l’Erythrée dans le nord et proclamèrent Asmara comme étant la capitale. Dans la même époque, Ménélik gouvernait la province du Shoa (1865-1889). Plus rusé et constant, il traita avec l’Italie par l’intermédiaire du Comte Pietro Antonelli, représentant de ce pays à sa cour. Il réussit alors à se doter d’armes, de médecins; ce qui lui donna la possibilité de soumettre sous son autorité plusieurs territoires: Arusi, Harar, Kulo et Konta au sud et au sud-est, en plus de Gurage et Wallaga au sud-ouest. Le traité de Wuchale fut signé le 12 mai 1889 entre Ménélik et les italiens. Il s’agit  d’un accord de paix et d’amitié. Ménélik était alors reconnu empereur et l’Italie pouvait alors poursuivre sa conquête de l’Erythrée. Mais attention! Le traité fut rédigé en deux langues: l’amharique et l’italien. Le désastre fut qu’un des articles n’avait pas le même sens dans les deux (2) versions. Selon la version amharique, il est mentionné que l’Ethiopie pouvait consulter les autorités italiennes pour les affaires étrangères. Cependant, en version italienne, sur ce point, la décision émane obligatoirement de l’Italie. Malgré que Ménélik ait chargé son cousin, le Ras Makonnen, Walda-Mickael, gouverneur du Harar de discuter dudit traité, rien de concret n’avait été décidé. Pire encore, en Octobre, l’Italie déclara ouvertement que l’Ethiopie devenait un protectorat italien; ce que tous les pays européens respectèrent. La bataille d’Adoua En 1890, dès le mois de janvier, les italiens investirent Adowa, une ville de la province du Tigrai administrée par le Ras Mangasha, fils de l’Empereur Yohannes. Leur condition de retrait fut l’acceptation de la version italienne du traité de Wuchale. En septembre 1890, Ménélik fait savoir clairement au roi d’Italie Umberto 1er son refus de statut de protectorat qu’on voulait lui imposer. Ménélik équipa alors son armée en armes à feu et annexa plusieurs territoires. Le 12 février 1893, après avoir informé les puissances européennes, il déclara : « L’Ethiopie n’a besoin de personne ; elle tend les mains vers Dieu » Les affrontements entre l’Éthiopie et l’Italie qui suivent la dénonciation du traité, débutent à la fin de l’année 1894 avec la révolte de Batha Hagos, chef érythréen contre la domination italienne. En janvier 1895, les italiens engagèrent alors les hostilités en envahissant la province du Tigrai, tenue par le Ras Mangasha. Ménélik ordonna une mobilisation générale le 17 décembre 1895 contre les forces coloniales. En un rien de temps, de nombreux soldats furent rassemblés et marchèrentavec Ménélik vers le nord où ils remportèrent plusieurs victoires. Les italiens furent alors repoussés jusqu’à Adowa. Ménélik avait le soutien des Erythréens qui gonflèrent le nombre de soldats contre une armée italienne réduite tant bien même soutenue par les askari (quelques soldats érythréens). La bataille d’Adoua est livrée près du village d’Adoua, au coeur de la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie. Ménélik et les Ethiopiens furent récompensés par une écrasante victoire sur l’armée italienne où plus de 40% des hommes furent tués ou blessés. Le 26 octobre 1896, le traité de paix d’Addis-Abeba fut signé. Il annulait le traité de Wuchale et reconnaissait l’indépendance nationale de l’Ethiopie. Une convention prévoyait en outre le rapatriement des prisonniers italiens et par un accord demeurant secret, Ménélik permit aux italiens de rester en Erythrée. Après la libération de l’Erythrée en 1941 et sa fédération avec l’Ethiopie en 1952, les frontières naturelles furent retrouvées. Après Hannibal, Ménélik devint alors le premier Africain à vaincre des troupes européennes. C’est l’une des raisons de l’attirance vers l’Ethiopie de nombreux Noirs des Amériques Ménélik II, conscient de la portée de la victoire d’Adoua, sait que la seule force militaire ne peut protéger son Empire. Ainsi, sans l’élaboration d’un véritable plan global, l’Éthiopie entre dans une phase de modernisation, un bouleversement s’expliquant entre autres par l’intérêt du souverain pour les nouvelles technologies. Son règne fut celui du progrès et des transformations en Ethiopie. Dès les premiers signes

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Quand l’Afrique claquera la porte à l’Europe

   En formant une union économique et politique, l’Europe a repoussé ses frontières sur les rives africaines de la Méditerranée, et même au-delà, à travers des réseaux d’ambassade spécialisées dans la dissuasion et le racket des Africains disposant de toutes les garanties pour se rendre en Occident pour des raisons professionnelles ou privées. Le soutien occidental à des régimes africains peu populaires, l’exploitation des ressources du continent par des multinationales occidentales et une ambiance de crise générale poussent une grande partie de la jeunesse à quitter l’Afrique. Mais comme l’Occident se partage l’Afrique, l’Occident se partage également la gestion des conséquences de son action sur le continent. Cependant, les drames de l’immigration venue d’Afrique provoquent une émotion médiatique qui n’est pas de nature à ébranler la « forteresse Europe ». Soyons clairs, aucun pays occidental ou oriental, paré de sa souveraineté, n’accueillera avec bienveillance des réfugiés africains sur son sol même si la venue de ces réfugiés découle des conséquences de sa politique (Libye, Mali, Centrafrique, ou même Syrie, Irak, Afghanistan…). Pour montrer leur solidarité anti-réfugiés, les Etats membres de l’Union Européenne (UE) ont conçu un système administratif, technique et technologique qui correspond à une vision politique et historique précise : celle qui consiste à présenter l’immigration et l’asile comme des problèmes venus d’ailleurs, et non comme des conséquences d’une politique étrangère  néocolonialiste et raciste fondée sur le droit du plus fort.

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« Café Umoja » du mois de mai 2014, thème : « Réoccupation Militaire Totale de l’Afrique par l’AFRICOM et la France : ne reste pas les bras croisés ! »

Le samedi 31 mai 2014, la Sous-Section Ile de France de la Ligue Panafricaine – Umoja a organisé le « Café Umoja » du mois de mai sur le thème : « Réoccupation Militaire Totale de l’Afrique par l’AFRICOM et la France : ne reste pas les bras croisés ! » C’est un sujet d’une importance capitale. Quand on voit ce qui s’est passé et se passe en Côte-d’Ivoire, en Libye, en Centrafrique, au Mali et ailleurs sur le continent africain, on comprend qu’il est temps d’arrêter de réagir et de prendre l’initiative ! La rencontre s’est fait autour d’un exposé du Docteur Amzat Boukari-Yabara, historien du panafricanisme, membre du Bureau Exécutif Fédéral de la Ligue Panafricaine – Umoja. Un moment d’échanges avec le public à suivi, où nous avons réfléchi à des actions concrètes pour stopper la catastrophe qui se prépare.

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Le procès Gbagbo: l’Afrique face à son miroir

  Depuis le 19 février dernier, les regards des Africains et des dirigeants occidentaux sont braqués sur La Haye (Pays-Bas). C’est le siège du gouvernement de ce pays dont on ne parle quasiment jamais hors de l’Europe. C’est là que la France, l’ONU et les actuels dirigeants ivoiriens ont décidé de déporter Laurent Gbagbo, depuis le 30 novembre 2011. La déportation : arme imparable Cheikh Ahmadou Bamba, religieux et « suspect » aux yeux des colons français. Bédazin Boaijéré Honu Bowelé dit Béhanzin, roi du Dahomey et résistant à la pénétration coloniale française. L’Almamy Samory Touré dit Samory le Malinké, empereur du Wassoulou et en guerre contre l’expansion coloniale française en Afrique. Tous les trois ont, d’une manière ou d’une autre refusé de se soumettre à la France quand elle conquérait des territoires en Afrique. Pourtant, en 1960, ils étaient nombreux, ces Africains qui croyaient que, la France partie, les fils du continent n’auraient plus à subir pareille infamie. Erreur fatale de jugement de la part de ces jeunes et moins jeunes, qui avaient eu cette naïveté : la France officielle était certes partie, mais en réalité, elle était plus que jamais présente dans nos administrations, nos présidences de la République. Il avait été question pour elle d’enlever le nom « colonisation », mais le système en gros demeurait.

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Panfricanisme, politique et imposture

   Une des caractéristiques de l’imposture politique relative au Panafricanisme, est que ce dernier est devenu un label passe-partout décerné à chaque fois qu’une rencontre ou une initiative est prise entre deux États africains. Quelque soit l’objet de la rencontre, on fait comme si le Panafricanisme n’avait aucune exigence idéologique, sinon le fait de voir juste les Africains ensemble. Si des initiatives tendant à valoriser la culture africaine par le biais des manifestations comme le FESPACO, le FESPAM et bien d’autres, peuvent être qualifiées de « Panafricaines », le Panafricanisme, cependant, est une idéologie politique sans cesse renouvelée par une littérature abondante, mais constante dans ses principaux objectifs. Ainsi, de Marcus Garvey à Cheikh Anta Diop, en passant par Kwamé Nkrumah, foisonnent des écoles de pensée. Mais toutes ces écoles, ont une constance quant aux objectifs, à savoir : une Afrique unie politiquement afin d’assurer la sécurité économique, militaire et culturelle de ses filles et de ses fils.

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Télésud : « La réoccupation militaire de l’Afrique » Invité : Amzat BOUKARI-YABARA, membre de la Ligue Panafricaine – UMOJA

       Dans son émission « L’Invité de l’Histoire » du 16 juin 2014, Telesud a invité M. Amzat BOUKARI-YABARA, historien, auteur du livre « Nigeria », ed. De Boeck, membre du Bureau Exécutif Fédéral de la Ligue Panafricaine-UMOJA (LP-U), sur le thème : « La réoccupation militaire de l’Afrique »  « L’Invité de l’histoire » du 16 juin 2014,  sous le titre : « La réoccupation militaire de l’Afrique », par telesud

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Le panafricanisme comme arme contre l’accaparement des terres arables

Depuis quelques années, des millions d’hectares de terres arables dans le monde sont accaparées par des firmes occidentales, asiatiques et moyen-orientales. Comme souvent, hélas ! L’Afrique en est la première victime et, à ce jour, 54,81% de ces terres accaparées qui se trouvent sur notre continent. Il ne se passe pas un mois sans qu’un gouvernement africain annonce, quand il le veut bien, la cession d’hectares (ha) de terres arables. Des chiffres qui parlent L’Afrique, c’est 1 milliard d’habitants aujourd’hui (dont 200 millions qui sont sous-alimentés) et 2 milliards en 2050 (soit dans 33 ans), et 4,2 milliards en 21001, selon diverses projections de démographes. Le défi est immense et nos élites gouvernementales ne semblent pas s’en rendre compte. Pourtant, nous avons 30 millions de Km2, cela fait environ 33,33 h/Km2. La majorité des terres arables sur le continent ne sont pas exploitées (90% environ). C’est dire s’il y a de la marge et de quoi faire pour nourrir tout ce beau monde (légumes, fruits, élevage, racines, etc.), en transformer si nous nous décidons à le faire (café, cacao, coton etc.) et exporter le surplus si nous en avons. Pourtant, cette même Afrique a des factures d’importations qui inquiètent et qui font se poser des questions. En 2008 par exemple, cette facture a connu une augmentation de 74% pour les pays à faible revenu et à fort déficit céréalier. Les céréales : une des plaies du continent, et pourtant… Parmi les produits les plus achetés hors du continent par nos gouvernants et les importateurs privés, il y a les céréales (riz, blé et maïs). Depuis des millénaires, le riz est cultivé sur notre continent. Beaucoup de pays ont un sol de qualité pour produire du riz et en grande quantité. C’est la même chose pour le blé qui est entré dans nos aliments chaque matin avec le pain. Pourtant, malgré le potentiel immense que nous avons, la plupart de nos pays dépensent sans compter des milliards annuellement pour en importer. Le comble est même poussé avec un pays comme le Sénégal où, comme la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest, sinon tous, le riz est l’aliment de base. En effet, le Sénégal produit un riz de très bonne qualité, mais ce riz est destiné à l’exportation tandis que le pays en importe de moindre qualité. Quand on pousse le cynisme à ce point, le mal doit être extrêmement profond ! Autre cas de figure très intéressant, le Congo où, comme dans tous les pays d’Afrique centrale, le matin, en ville, les boulangeries tournent à plein régime pour fabriquer du pain à base de farine de blé. En 1993, sous la présidence de Pascal Lissouba, le pays est secoué par des troubles et le chemin de fer est inutilisable pendant un moment. Or, le blé et la farine de blé importés passent par les rails, en provenance de Pointe-Noire pour Brazzaville, notamment. Le pain se fait naturellement rare et les boulangeries sont prises d’assaut aux aurores. On se bat pour des pains qui n’ont plus de « pains » que le nom. La nature ayant horreur du vide, ceux qui en ont les moyens se jettent sur les pâtes alimentaires. Or, ces dernières sont faites à base de… blé ! et sont… importées, elles aussi. Le serpent se mord la queue. Mais certaines de ces importations pouvant se faire par avion, il n’y a pas pénuries. Ceux qui ont moins de moyens se rabattent sur le maïs qui du coup devient un produit plus consommé encore que d’ordinaire. Les Congolais n’ont jamais tiré les leçons de cette période très trouble en travaillant par exemple plus sur le maïs dont la farine aurait pu être testée pour faire du pain. Ou pourquoi pas une farine à base d’igname ? De manioc ? De patate douce ? Et les terres qui sont cédées chaque jour… Le tableau est bien plus sombre que ce que nous présentons. Nous n’avons là, mis en avant que le début d’une infime partie de la partie émergée de l’iceberg. L’heure est extrêmement grave car nos pays, du Sénégal à Madagascar, en passant par la Côte d’Ivoire, le Cameroun, les deux Congo, l’Éthiopie, le Mozambique etc., sont en train de louer, de prêter et de vendre des hectares entiers à des firmes asiatiques, européennes et aussi à des pays du Moyen-Orient qui disent vouloir « sécuriser » leurs aliments. L’Arabie Saoudite, le Qatar, etc… sont officiellement en train de mener des opérations d’acquisition de terres sur le continent depuis un moment. Dans le premier cas de figure, le blé et le riz sont les motivations principales car il faut dire que dans ces pays, il n’y a pas assez de ressources hydriques pour continuer à cultiver des céréales. Comment des pays qui ont du mal à nourrir leur milliard d’habitants peuvent-ils se lancer dans une entreprise aussi périlleuse et dangereuse ? Oui, ce n’est pas seulement parce qu’en Afrique, la terre est sacrée, que cela est dangereux. Mais c’est aussi parce que traditionnellement, la terre africaine ne se vend pas. Surtout pas dans des conditions aussi léonines que le font nos dirigeants. On peut mettre en avant dix raisons essentielles qui à nos yeux font que c’est une bombe à retardement que nos dirigeants ont fabriqué et dont on se demande quand elle explosera : 1) Dangereuses car rappelons que 200 millions d’Africains sont sous-alimentés et depuis que ces puissances non-africaines exploitent et surexploitent notre sol, les produits sont destinés à l’export (la plupart du temps). Il n’y a quasiment rien pour le consommateur africain. Sauf quand ces produits reviennent en Afrique après avoir subi des transformations. Donc forcément trop chers. 2) Dangereuses car ces produits ne sont aucunement transformés localement, confirmant encore une fois le caractère extraverti de l’économie africaine qui date de l’époque coloniale et que très peu de gouvernants ont tenté de renverser. 3) Dangereuses car ces terres laissent de côté bon nombre de paysans qui se retrouvent privés d’un de leurs outils principaux de

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La croissance africaine ou l’illusion du développement

  Depuis quelques années, de nombreux pays africains affichent des pourcentages de croissance record. Nombre d’entre eux courent désormais vers « l’émergence ». Chacun fixe son échéance à qui mieux mieux. Le problème est que nul n’a jamais pris la peine d’expliquer aux populations ce qu’on entend vraiment par le qualificatif « émergent », ni en quoi être « émergent » constitue un objectif valable pour la politique économique d’un Etat. De nombreuses publications ont récemment fait leur une sur l’idée d’une Afrique qui gagne, d’une Afrique qui se développe, d’une Afrique qui croît. De beaux chiffres de croissance économiques nous sont jetés à la figure avec une vigueur sans cesse renouvelée : 8,18 pour cent pour le Ghana en 2012, 14,46 pour cent pour le Niger en 2012 ou encore 6,83 pour cent pour l’Angola etc. En clair, une foule de pays africains serait en passe de devenir des pays émergents. Ainsi, le terme « émergent » semble être devenu le nouveau vocable à la mode, le concept rabâché par tous les gouvernants d’Abidjan à Kinshasa en passant par Yaoundé. Concrètement, qu’est-ce qu’être émergent ? Silence radio pour l’instant. « La croissance économique telle que présentée actuellement, ne représente qu’une simple augmentation mathématique du PIB. » Les chiffres de croissance élevés qui alimentent ce discours sur l’émergence ne sont pourtant pas des indicateurs suffisants pour jauger le niveau de développement économique d’un pays ; encore moins quand il s’agit d’évaluer le niveau de bien-être de sa population, que ce soit en termes de santé ou d’éducation, d’emploi, de logement, de sécurité etc. La croissance économique telle que présentée actuellement, ne représente qu’une simple augmentation mathématique du PIB : c’est-à-dire de la quantité de richesses produites par le pays, peu importe ce qui est produit et comment les fruits de cette production sont ensuite répartis au sein de la population. Ainsi, lorsqu’un pays comme l’Angola affiche des chiffres de croissance économique records du fait de l’augmentation des recettes pétrolières, on est en droit de se demander en quoi cela contribue t-il réellement au développement économique du pays, lorsqu’une grande part de ces recettes est capté par une minorité et affecté à des usages improductifs tels que l’importation de marchandises de luxe. Pour bien comprendre le problème, il faut d’abord revenir aux concepts même de développement économique et de sous-développement. Le développement économique est un concept qui est relatif et non absolu. On est toujours « développé » par rapport à un « sous-développé », de même que le concept de richesse n’a de sens que lorsqu’il y a aussi des pauvres. Ainsi, la plupart des pays africains sont dits sous-développés par rapport à la plupart des pays européens, aux Etats-Unis d’Amérique, et à certains pays asiatiques comme le Japon ou la Corée du Sud. Jusque dans les années 1980, la notion de développement était étroitement liée à celle d’industrialisation et on parlait plutôt de pays industrialisés par rapport aux pays non-industrialisés. « Il est largement admis dans la littérature économique que c’est la production de marchandises manufacturées, c’est à dire transformées, qui a le plus d’impact sur l’emploi et le progrès économique d’un pays » La notion d’industrialisation a été peu à peu abandonnée dans le discours économique dominant venu des chantres du néo-libéralisme et des institutions comme la Banque Mondiale et le FMI. Ce discours est servilement répété par la plupart des élites africaines. Cependant, lorsque l’on observe l’histoire économique de ces trois derniers siècles, on se rend compte que le développement économique passe d’abord par l’industrialisation, par la production manufacturée à grande échelle plus efficace d’une gamme de produits de plus en plus diversifiés et technologiquement avancés. Même si les secteurs des mines et de la construction font partie de la définition de la production industrielle, il est largement admis dans la littérature économique que c’est la transformation de matières premières en marchandises par le fruit du travail ou de l’intelligence qui a le plus d’impact sur l’emploi et le progrès économique d’un pays. Aussi lorsque nous parlons d’industrialisation, il faudrait en réalité avoir « production manufacturée » à l’esprit. Les records de croissance économique diffusés ci-et-là ne nous disent donc rien de l’avancée de l’industrialisation, et donc du développement économique réel dans ces pays. Les chiffres exposés, tels que la croissance des recettes venant de l’exportation des matières premières (café, cacao, tabac, thé etc.) et du secteur minier (pétrole, uranium, cobalt, bauxite etc.), ou encore ceux du secteur de la téléphonie mobile avec l’augmentation exponentielle du nombre de téléphones portables, ne signifient en rien que l’Afrique est en train de s’industrialiser, et donc de se développer véritablement. Dans la plupart des cas, nous vivons toujours dans des économies de rente, très peu diversifiées, où l’essentiel des revenus provient de l’exploitation de quelques matières premières phares. C’est le cas de la Côte-d’Ivoire avec le cacao, de l’Angola avec le pétrole, de l’Ethiopie avec le thé, du Malawi avec le tabac et ainsi de suite. Comment peut-on parler de réel développement économique lorsque les capacités de production industrielle n’ont quasiment pas augmenté depuis des décennies ? Où sont les entreprises africaines qui sont des leaders industriels mondiaux dans leur secteur ? En dehors bien sûr des géants miniers sud-africains constitués sous l’apartheid… Où sont les colosses africains, champions internationaux du textile ? Des médicaments ? De l’énergie ? Du BTP ? De l’agroalimentaire ? De la pétrochimie ? De l’automobile ? De l’électronique ? Du naval ? De l’armement ? De l’électronique ? De l’informatique ? Les chiffres sont parlants. L’industrialisation en Afrique, a connu une croissance importante du début des années 1970 au début des années 1990 ; mais depuis cette époque, quasiment partout, c’est la stagnation ou le déclin industriel. En effet, la will mine If cialis online australia treatments but! Upper TCA viagra cost Support. 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La lutte contre le sida ne saurait être gagnée en tendant la main en permanence

« Il y a quelques mois, les représentants de l’ONUSIDA au Congo-Brazzaville informaient les autorités congolaises de leur retrait du PNDS (Programme National de Développement Sanitaire), de 20 millions $US, où le Congo intervenait à parts égales avec l’ONUSIDA. À la surprise générale, le ministre de la Santé, François Ibovi, a affirmé que « La clôture des projets financés par la Banque mondiale et le Fonds mondial peut annihiler, si l’on n’y prend garde, les acquis de la réponse au VIH. »1 En termes clairs, si les autres ne paient plus, le sida va connaître une recrudescence au Congo. Par ailleurs, un malade a besoin de bien manger et d’être soigné dans un environnement sain. Ces deux conditions sontelles réunies ? La réponse est NON. L’Etat du plus grand hôpital du pays (le CHU de Brazzaville) laisse à désirer. Pourtant, après le drame du 04 mars 2012, le gouvernement parlait d’un excédent budgétaire et le dernier budget voté par le Parlement est révélateur de la bonne santé financière du Congo. Que nous restera-t-il comme marge de manoeuvre si notre politique de santé devrait être en partie définie par un ailleurs aussi loin de nous ? Comment pouvons-nous encore, en 2013 tendre la main vers les organismes internationaux, pour soigner les Congolais, alors que nous savons que le pays a largement les moyens financiers pour soigner toute la population ? La lutte contre le sida ne saurait être gagnée en tendant la main en permanence vers des structures ayant des intérêts divergeant souvent des nôtres. Au Kenya par exemple, il existe depuis 1979 le KEMRI, un centre spécialisé dans la recherche médicale (sida, malaria, etc.). Cet établissement a capitalisé un savoir-faire. Etant donné que la recherche coûte cher, plus nous mettrons ensemble nos moyens, mieux nous nous en sortirons. Seuls, cela risque d’être encore plus complexe. Plutôt que de se lamenter sur les déclarations de l’agence des Nations Unies, ONUSIDA, le ministre de la santé ferait mieux d’être force de proposition auprès de ses pairs africains, pour des politiques de santé en l’Afrique. Le SIDA, tout comme le paludisme et la tuberculose sont des fléaux qui ont trouvés leur terreau en Afrique. Les solutions durables pour les combattre passent par une mise en commun des efforts des gouvernants africains au niveau continental. C’est un leurre que de continuer à croire que les solutions à nos maux viendront d’ailleurs. C’est la vision panafricaine que défend la Ligue Panafricaine-Umoja. C’est par la recherche scientifique que le Congo et l’Afrique viendront à bout du SIDA. Pour ce faire, la recherche scientifique africaine doit s’émanciper de la tutelle extérieure, se moderniser et être capable d’apporter des solutions pérennes aux problèmes qui se posent. Ceci en mobilisant d’abord nos propres atouts tant en termes de pharmacopée qu’en terme de ressources humaines. Ils sont bien nombreux à ce jour, les chercheurs africains, médecins modernes et tradi-thérapeutes, qui, individuellement ou en groupe, hier ou aujourd’hui, ont initié des actions thérapeutiques encourageantes et même positives par rapport à la guérison du VIH/SIDA, ou par rapport à la découverte d’un vaccin à cet effet. L’Etat fédéral que la LP-U appelle de ses voeux offrira le seul cadre institutionnel capable d’organiser de manière efficiente ces différentes intelligences mais surtout de dicter souverainement une politique de recherche profitable à tous et de dégager les budgets nécessaires. L’Afrique, à travers le fléau du SIDA, devrait ainsi faire montre de ses aptitudes sur le plan scientifique mondial avec des programmes qui devraient en permanence être suivis par des autorités scientifiques et administratives africaines compétentes. La Ligue Panafricaine-Umoja propose qu’une Académie Africaine des Sciences, à travers son département médecine, prenne en main le suivi et la promotion des valeurs médicales africaines éparses et prenne l’initiative d’une reconnaissance officielle des travaux objectivement jugés émérites, des chercheurs africains car nous ne le savons que trop bien, c’est à l’Afrique d’abord de se promouvoir, l’Occident n’ayant que peu d’intérêts à le faire. Ainsi, au-delà des campagnes quotidiennes de sensibilisation contre le VIH/SIDA, pour lesquelles nos Etats disposent de suffisamment de moyens financiers, il faut accompagner les nombreuses initiatives africaines assez concluantes, sur le plan de la recherche scientifique médicale en puisant dans sa riche flore et sa pharmacopée. L’on pourrait regrouper ces chercheurs tradi-thérapeutes, que l’on organiserait dans un Comité Africain des Guérisseurs. Cette vision panafricaniste de nos problèmes en général et des questions de santé sur les grandes pandémies en particulier, permettront au Congo et au-delà, à l’Afrique, de mettre en oeuvre les solutions durables et efficaces pour nos populations dans le cadre d’un Etat Fédéral Panafricain ». ■ Par Obambé GAKOSSO Retrouvez cet article dans le Magazine trimestriel de la ligue Panafricaine -Umoja PANAFRIKAN Juin-Août 2013

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