La lutte contre le sida ne saurait être gagnée en tendant la main en permanence

« Il y a quelques mois, les représentants de l’ONUSIDA au Congo-Brazzaville informaient les autorités congolaises de leur retrait du PNDS (Programme National de Développement Sanitaire), de 20 millions $US, où le Congo intervenait à parts égales avec l’ONUSIDA. À la surprise générale, le ministre de la Santé, François Ibovi, a affirmé que « La clôture

La pandémie du SIDA qui fait tant de ravages en Afrique, est trop souvent traitée par les gouvernements africains comme une occasion de faire ripaille avec les dons internationaux. Pourra t-on éradiquer ce mal avec une telle attitude ? Rien n'est moins sûr...

La pandémie du SIDA qui fait tant de ravages en Afrique, est trop
souvent traitée par les gouvernements africains comme une occasion
de faire ripaille avec les dons internationaux. Pourra t-on
éradiquer ce mal avec une telle attitude ? Rien n’est moins sûr…

« Il y a quelques mois, les représentants de l’ONUSIDA au Congo-Brazzaville informaient les autorités congolaises de leur retrait du PNDS (Programme National de Développement Sanitaire), de 20 millions $US, où le Congo intervenait à parts égales avec l’ONUSIDA. À la surprise générale, le ministre de la Santé, François Ibovi, a affirmé que « La clôture des projets financés par la Banque mondiale et le Fonds mondial peut annihiler, si l’on n’y prend garde, les acquis de la réponse au VIH. »1 En termes clairs, si les autres ne paient plus, le sida va connaître une recrudescence au Congo. Par ailleurs, un malade a besoin de bien manger et d’être soigné dans un environnement sain. Ces deux conditions sontelles réunies ? La réponse est NON. L’Etat du plus grand hôpital du pays (le CHU de Brazzaville) laisse à désirer. Pourtant, après le drame du 04 mars 2012, le gouvernement parlait d’un excédent budgétaire et le dernier budget voté par le Parlement est révélateur de la bonne santé financière du Congo. Que nous restera-t-il comme marge de manoeuvre si notre politique de santé devrait être en partie définie par un ailleurs aussi loin de nous ? Comment pouvons-nous encore, en 2013 tendre la main vers les organismes internationaux, pour soigner les Congolais, alors que nous savons que le pays a largement les moyens financiers pour soigner toute la population ? La lutte contre le sida ne saurait être gagnée en tendant la main en permanence vers des structures ayant des intérêts divergeant souvent des nôtres. Au Kenya par exemple, il existe depuis 1979 le KEMRI, un centre spécialisé dans la recherche médicale (sida, malaria, etc.). Cet établissement a capitalisé un savoir-faire. Etant donné que la recherche coûte cher, plus nous mettrons ensemble nos moyens, mieux nous nous en sortirons. Seuls, cela risque d’être encore plus complexe. Plutôt que de se lamenter sur les déclarations de l’agence des Nations Unies, ONUSIDA, le ministre de la santé ferait mieux d’être force de proposition auprès de ses pairs africains, pour des politiques de santé en l’Afrique. Le SIDA, tout comme le paludisme et la tuberculose sont des fléaux qui ont trouvés leur terreau en Afrique. Les solutions durables pour les combattre passent par une mise en commun des efforts des gouvernants africains au niveau continental. C’est un leurre que de continuer à croire que les solutions à nos maux viendront d’ailleurs. C’est la vision panafricaine que défend la Ligue Panafricaine-Umoja. C’est par la recherche scientifique que le Congo et l’Afrique viendront à bout du SIDA. Pour ce faire, la recherche scientifique africaine doit s’émanciper de la tutelle extérieure, se moderniser et être capable d’apporter des solutions pérennes aux problèmes qui se posent. Ceci en mobilisant d’abord nos propres atouts tant en termes de pharmacopée qu’en terme de ressources humaines. Ils sont bien nombreux à ce jour, les chercheurs africains, médecins modernes et tradi-thérapeutes, qui, individuellement ou en groupe, hier ou aujourd’hui, ont initié des actions thérapeutiques encourageantes et même positives par rapport à la guérison du VIH/SIDA, ou par rapport à la découverte d’un vaccin à cet effet. L’Etat fédéral que la LP-U appelle de ses voeux offrira le seul cadre institutionnel capable d’organiser de manière efficiente ces différentes intelligences mais surtout de dicter souverainement une politique de recherche profitable à tous et de dégager les budgets nécessaires. L’Afrique, à travers le fléau du SIDA, devrait ainsi faire montre de ses aptitudes sur le plan scientifique mondial avec des programmes qui devraient en permanence être suivis par des autorités scientifiques et administratives africaines compétentes. La Ligue Panafricaine-Umoja propose qu’une Académie Africaine des Sciences, à travers son département médecine, prenne en main le suivi et la promotion des valeurs médicales africaines éparses et prenne l’initiative d’une reconnaissance officielle des travaux objectivement jugés émérites, des chercheurs africains car nous ne le savons que trop bien, c’est à l’Afrique d’abord de se promouvoir, l’Occident n’ayant que peu d’intérêts à le faire. Ainsi, au-delà des campagnes quotidiennes de sensibilisation contre le VIH/SIDA, pour lesquelles nos Etats disposent de suffisamment de moyens financiers, il faut accompagner les nombreuses initiatives africaines assez concluantes, sur le plan de la recherche scientifique médicale en puisant dans sa riche flore et sa pharmacopée. L’on pourrait regrouper ces chercheurs tradi-thérapeutes, que l’on organiserait dans un Comité Africain des Guérisseurs. Cette vision panafricaniste de nos problèmes en général et des questions de santé sur les grandes pandémies en particulier, permettront au Congo et au-delà, à l’Afrique, de mettre en oeuvre les solutions durables et efficaces pour nos populations dans le cadre d’un Etat Fédéral Panafricain ». ■

Par Obambé GAKOSSO

Retrouvez cet article dans le Magazine trimestriel de la ligue Panafricaine -Umoja PANAFRIKAN Juin-Août 2013

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