Kidal : pour l’honneur du Mali, par Aménophis I. TRAORE

Kidal : pour l’honneur du Mali, par Aménophis I. TRAORE

Dans la première partie de notre analyse « les enjeux de la crise de Kidal : le Mali a-t-il perdu le Nord ? », nous avons mis en évidence les enjeux de la crise qui affecte le Mali. Il est ressorti de cette analyse que les enjeux sont essentiellement économiques, que seules les richesses du Mali intéressent la France et ses alliés.

Deuxième partie : Solutions, Kidal pour l’honneur du Mali
« Le destin de tout homme est de mourir : mourir pour sa patrie c’est vivre »

Dans la première partie de notre analyse « les enjeux de la crise de Kidal : le Mali a-t-il perdu le Nord ? », nous avons mis en évidence les enjeux de la crise qui affecte le Mali. Il est ressorti de cette analyse que les enjeux sont essentiellement économiques, que seules les richesses du Mali intéressent la France et ses alliés.
Par conséquent les accords de défense en cours de signature, l’autonomie de l’Azawad sont les garantis juridiques pour légitimer le pillage à ciel ouvert de nos ressources.
Et aucune réconciliation nationale, aucun accord avec les bandits armés ne changeront la donne.

Conscient des dangers futurs, l’on est en droit de mener des réflexions, de se poser des questions à savoir comment éviter une énième saignée d’une partie du continent ? Comment retrouver l’honneur perdu ? Comment exister dans un monde ou les alevins servent de pâtures aux requins ?

Pour répondre à ces questions, nous allons une fois de plus nous appuyer sur un document prospectif intitulé « horizons stratégiques » produit par la délégation aux affaires stratégiques de France.
Ce document est un plan prospectif sur 30 ans, fruit d’une réflexion pluridisciplinaire de l’Etat major des armées, la direction générale de l’armement, du secrétariat général pour l’administration etc.

Au chapitre III dudit document dont le titre est « L’Afrique en Marche ? » dans la section tendances lourdes, il est écrit:
 » Des crises dites «identitaires», fruit de l’instrumentalisation de catégories communautaires par certains acteurs politiques et économiques (partage du pouvoir et des richesses), pourront encore survenir. Le fondamentalisme, voire le radicalisme, religieux, tant musulman que chrétien, pourrait progresser, en l’absence de perspective d’intégration économique et politique des populations les plus pauvres et, surtout, des jeunes. Parallèlement – et paradoxalement – les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux. »

Ces propos confirment et confortent notre analyse faite précédemment, ils nous éclairent surtout sur la solution à la crise qui secoue le Mali.

En effet, en jetant un coup d’œil attentif à la dernière phrase  » les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux », on se rend compte que les dirigeants africains qui défendent les intérêts de leurs pays et/ou de l’Afrique menacent les intérêts de l’occident.

C’est pour leurs positions nationalistes, que le 15 avril 2013 l’altermondialiste Aminata Dramane TRAORE ex ministre de la culture et le secrétaire général du Parti Sadi Dr Oumar Mariko se sont vu opposé sans raison officielle une fin de non recevoir à leur demande de visa Schengen par la France afin de participer à diverses campagnes d’information en Europe sur la crise politico sécuritaire.

Aussi, on pourrait également citer le cas Charles Blé Goudé, général de la rue qui n’a jamais pris les armes en Côte d’ivoire et qui se retrouve aujourd’hui devant la CPI pour ses positions nationalistes tandis que ceux qui ont pris les armes ne sont guère inquiétés.

Même IBK, le président de la république du Mali n’échappera pas à cette règle. Il a confié « aux partis politiques alliés qu’il était soumis à toutes sortes de pressions de la communauté internationale au sujet de Kidal. Certains dignitaires étrangers voudraient même le chasser du pouvoir. Il a rappelé que pour faire baisser la tension, un de ses amis chefs d’Etat lui a fortement conseillé de ne pas heurter de front les Français par des discours et des attitudes nationalistes trop prononcés » .

Ces pratiques d’une autre époque ont pour but de dégonfler les souverainistes, or c’est le contraire qui est en train de se produire ici et maintenant.

Ceux qui doutaient, ceux qui hésitaient, ceux qui ne comprenaient pas, ceux qui trainaient les pas, sont en train de se mobiliser pour la défense des intérêts du Mali, du continent.

La solution à la crise de Kidal est donc dans le nationalisme, le panafricanisme, en d’autres termes seul un état souverainiste peut nous redonner espoir.

Un état souverainiste se soucie en premier lieu du devenir et de l’avenir de la nation.
Un état souverainiste réduit considérablement ses charges, ses avantages matériels en période de crise.
Un état souverainiste dote son armée des moyens pour la défense du territoire.
Un état souverainiste mobilise sa véritable armée qu’est le peuple pour la défense du pays.
Un état souverainiste écoute son peuple, est proche de son peuple, instruit et éduque son peuple à saisir les grands défis et enjeux mondiaux.
Un état souverainiste s’exprime dans des langues comprises par son peuple.
Un état souverainiste crée sa propre monnaie, contrôle ses banques, et oriente ses investissements dans les secteurs clés qu’il aurait définis.
En somme un état souverainiste s’appuie sur son peuple pour défendre ses intérêts en tirant profit des rivalités entre puissances convoiteuses.

Nous ne saurions terminer sans rappeler quelques évidences au Président de la République.

Son excellence Monsieur IBK, vous avez bénéficié de tous les privilèges dans ce pays, vous avez été élu par 77% des maliens, de quoi avez-vous peur?

Vous êtes un descendant de la lignée des Keita; Sundiata et Modibo ont marqué de leurs empreintes indélébiles l’histoire de ce pays,
Vous n’avez pas le droit de trahir vos ancêtres, votre lignée et votre pays.

Nous ne vous apprenons rien en vous soutenant que la chose la plus importante au delà de la vie est l’honneur ! Cet honneur que vous vous êtes engagé à défendre en connaissance de cause.
Nous vous prions donc de respecter vos engagements : le Mali d’abord ; pour l’honneur du Mali.

Bamako, le 08 Juillet 2014,
Aménophis .I TRAORE
Coordinateur territorial de la Ligue Panafricaine Umoja Mali

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