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Crise ukrainienne : situation des ressortissants africains

Le 24 février 2022 a marqué le début de l’offensive russe en Ukraine. Si cette intervention se déroule à des milliers de kilomètres de l’Afrique, il n’en reste pas moins que ce conflit a des répercussions pour notre peuple. En effet, des milliers de ressortissants africains, principalement des étudiants se retrouvent aujourd’hui coincés en Ukraine où l’accès dans les pays voisins (notamment la Pologne) leur est refusé sans aucune raison apparente si ce n’est la xénophobie et le racisme primaire qui sont enracinés dans la culture européenne (de l’Ouest ou de l’Est). La Ligue Panafricaine – UMOJA exprime sa profonde indignation face aux traitements inhumains et dégradants qui sont réservés aux étudiants et ressortissants africains qui cherchent à fuir l’Ukraine. Nous assurons nos sœurs et frères du soutien de la LP-U. À la suite de l’annonce postée par l’ambassade d’Ukraine au Sénégal pour recruter des mercenaires africains pour aller combattre les Russes, nous rappelons aussi qu’aucun sang africain ne doit être versé dans une guerre qui n’est pas fondamentalement la nôtre. La LP-U dénonce l’inaction et le mutisme de l’Union Africaine (UA) qui est aux abonnés absents au moment où, du Brésil à la Chine en passant par les Etats-Unis, l’Europe, les pays du monde arabe ou de l’ex-URSS, la négrophobie est devenue un sport universel qui nécessite que nous défendions l’intégrité physique des filles et fils d’Afrique à travers la planète. La négrophobie ne diminuera que lorsque nous aurons à la tête de l’Afrique, le continent le plus riche mais le plus pillé, des panafricanistes qui prendront la responsabilité de ne plus se faire le relais de la propagande impérialiste, de mobiliser les moyens pour secourir nos ressortissants et d’imposer des sanctions politiques et économiques ciblées aux pays qui ne protègent pas les ressortissants africains dans le monde. Si la voix de certains Etats du continent s’est fait entendre cette fois ; cela reste néanmoins trop inégal et trop disparate pour que cela pèse réellement au regard des enjeux qui sont considérables. Seule une Afrique forte et unie dans le cadre d’un projet fédéral apportera protection, respect et dignité aux enfants d’Afrique et ce quel que soit l’endroit du globe où ils se trouvent. La LP-U exhorte, une fois de plus tous les Africains (du continent comme de la diaspora), épris de justice et de souveraineté, de rallier ses rangs afin que notre voix pèse bien plus encore dans le cadre de la défense de notre continent et de notre peuple et pour réaliser, in fine, le projet d’Etat Fédéral d’Afrique Noire (EFAN) de Cheikh Anta Diop, essentiel pour notre renaissance. L’Union fait la Force ! Umoja ni Nguvu ! Fait à Bruxelles, Kinshasa, Lomé, Paris, le 05 mars 2022 Le Bureau Politique Provisoire

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À Bruxelles, le Panafricanisme fait face à l’Eurafrique

Tribune de soutien à la Diaspora Panafricaine de Belgique Dr Amzat Boukari-Yabara Président de la Ligue Panafricaine – UMOJA Prévu en octobre 2020 et reporté en raison de la crise sanitaire mondiale, le sixième sommet Union Européenne-Union Africaine se tient ces 17 et 18 février 2022 à Bruxelles. Les militants panafricanistes qui ont prévu de se retrouver au rond-point Schuman pourront justement manifester sur l’actualité des propos de l’un des pères fondateurs de l’Europe, le ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman, qui déclarait le 9 mars 1950 que « l’Europe pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation d’une de ses tâches essentielles : le développement du continent africain. » Dans un monde où les zones de projection sont limitées en raison des concurrences entre puissances, l’Afrique est au centre des enjeux géostratégiques entre le Nord, l’Est et l’Ouest. Le lien établi entre le Mali et l’Ukraine à travers la politique russe montre plus que jamais le risque – somme toute peu probable – pour l’Europe de se retrouver encerclée par une alliance d’un nouveau genre allant de Moscou à Conakry en passant par Kiev, Bangui et Bamako. Président du Conseil de l’UE pour six mois, Emmanuel Macron l’a souligné à plusieurs reprises : sans une politique africaine, l’Europe disparaîtra dans le cadre des grands bouleversements géopolitiques en cours. Face à la Chine, aux Etats-Unis, à la Russie ou à la Turquie qui se sont dotés de cadres (sommets, forums) pour convoquer l’Afrique, l’Europe joue tout simplement sa survie. Sous couvert d’être une « priorité » liée à la proximité géographique ou au « destin commun », l’Afrique est devenue une obsession pour l’Europe. Près de la moitié des pays européens disposent aujourd’hui d’un plan ou d’une stratégie spécifique pour l’Afrique, sans compter celle mise en place de manière globale par la Commission européenne qui présentera lors de ce sommet de nouveaux documents d’orientation dans les domaines stratégiques de la sécurité et de la défense européenne, de la transition énergétique, de la transformation numérique, de la croissance et des emplois durables, de la paix et de la gouvernance, et enfin des migrations et des mobilités. Autant de points sur lesquels les peuples africains n’ont jamais été consultés. De la recolonisation financière et humanitaire de l’Afrique En 2017, la présidence allemande du G20 avait lancé le « Pacte avec l’Afrique » (Compact with Africa) pour favoriser l’investissement privé dans une douzaine de pays africains (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Egypte, Ethiopie, Ghana, Guinée, Maroc, Rwanda, Sénégal, Togo, Tunisie) ayant réformé leur cadre macroéconomique. La philosophie néolibérale de ce Pacte a été élargie lors du sommet organisé le 18 mai 2021 à Paris « sur le financement des économies africaines ». Ces dernières sont considérées comme des « relais de croissance » pour les économies européennes. Autrement dit, sans l’Afrique, l’Europe coule. Sans les ressources naturelles, les matières premières, mais aussi les travailleurs immigrés, sans les nouveaux marchés, les nouveaux consommateurs de la classe moyenne et les élites africaines, ce sont des pans de l’économie européenne qui menacent de s’effondrer. Loin d’être un projet au service de l’Afrique, la « stratégie globale avec l’Afrique » (Global Gateway) dévoilée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen apparait ainsi comme une réponse de l’Europe à la Chine qui a développé un vaste réseau d’infrastructures de transports et de communications en Afrique dans le cadre des Nouvelles routes de la soie (One Belt, One Road). Par le biais de ses « agences de développements », l’Europe entend présenter à l’Afrique de nouveaux instruments économiques, financiers et commerciaux sans même prendre le temps d’écouter ce que demandent les Africains. Rien n’est finalement plus colonialiste que de voir l’Europe se croire plus ambitieuse pour l’Afrique que les Africains eux-mêmes pour leur propre continent. Cette ambition transpire la recolonisation. Si la « redéfinition des frontières » n’est pas officiellement à l’ordre du jour du sommet UE-UA, c’est parce que les Accords de partenariat économique (APE) et les précédentes politiques néolibérales européennes ont déjà redessiné les frontières d’une Afrique « utile » et d’une Afrique « inutile » selon les intérêts des multinationales. Celles-ci fonctionnent à la carte, selon des logiques transnationales, transfrontalières et internationales qui tirent avantage de la division internationale du travail, des règles édictées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ainsi que des lois du marché. Sur ce point, le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) risque de profiter prioritairement aux acteurs économiques non-africains qui disposent de fonds, de réseaux et d’une organisation supérieure aux acteurs africains. Loin d’entraîner la balkanisation du Congo, bien au contraire et pire, la ZLECA élargit la politique de la porte ouverte menée au Congo à l’ensemble du continent africain en en faisant un vaste réservoir où chacun viendra puiser ce dont il a besoin. Entre le sommet UE-UA d’Abidjan en 2017 et celui de Bruxelles en 2022, la crise sanitaire s’est immiscée dans les relations entre les deux continents. Des propos tenus dans les médias pour suggérer d’aller tester des vaccins en Afrique ont rappelé la dimension colonialiste et raciste de la science et de la médecine. La pandémie a montré à quel point l’Europe refuse de comprendre que des civilisations africaines puissent avoir une autre conception du bien-être, de la santé et de la guérison. Obnubilée par la course avec la Chine dans le « dons de vaccins » à l’Afrique, l’Europe s’est libérée de toute éthique en n’hésitant pas à envoyer en Afrique des vaccins qui n’étaient même plus recommandés aux citoyens européens. L’Afrique qui a traversé la pandémie sans avoir à offrir aux médias occidentaux le spectacle attendu de centaines de millions de personnes mourant du covid-19, se retrouve dans une situation de mendicité paradoxale liée à la communication qui présente l’Europe lui donnant généreusement des vaccins. L’objectif de l’Afrique est bien d’atteindre la souveraineté sanitaire et médicale sans avoir à subir les discours d’une recolonisation « humanitaire ». Sur ce point, la rencontre des présidents Macky Sall du Sénégal, Paul Kagame du Rwanda et Nana Akufo-Addo du Ghana avec Uğur Şahin, le président de la multinationale Bio N Tech, interroge. Le

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RAPPORTS COLONIAUX FRANCE-AFRIQUE ET COLLABORATION ACHILLE MBEMBE-EMMANUEL MACRON : LES DOUTES ET LES RÉSERVES DE L’HISTOIRE

Par Nôb Georges Boniface Nlénd V, Ph.D Le destin des Chaînes est d’être cassées. Ceux qui enchaînent posent un acte définitif, dans la mesure où leur conscience de l’Alternative à la rupture des Chaînes se présente essentiellement sous la forme d’un boomerang dramatique. C’est pourquoi l’enchaînement est un acte définitif. De même, c’est pourquoi la Rupture des Chaînes est révolution authentique. L’un des effets les plus corrosifs de la violence coloniale sur l’Afrique et l’une des conséquences les plus dramatiques du Projet colonial sur les Africains, c’est de leur avoir oblitéré le sens de la nécessité, le sens de la réalité, le sens des mots. Il en découle un réel malaise et un réel doute quant à la réception du discours dans un contexte de Surdité où les mots n’ont plus leur sens… Depuis le début de cette affaire, je m’emploie à un effort extrême de réflexion pour identifier les garanties probantes d’une réception sereine de la Collaboration pipée, en vain. Rien! En dépit des meilleures dispositions et de tous les efforts de réflexion, je suis invariablement ramené à l’irréductible réalité des structures opératoires de l’histoire. L’histoire est sceptique. C’est l’histoire elle-même, c’est-à-dire la réalité du temps, qui semble irréductiblement rétive à cette Collaboration bizarre non entre Achille Mbèmbè et Emmanuel Macron, mais bien entre l’Afrique dont le premier entend mobiliser « les forces vives » et la France que le second ne saurait ni embarquer ni décider dans cette démarche improbable et contre-nature. Depuis le début de cette affaire, la majorité des Africains relativement attentifs ne s’est pas relevée de la stupéfaction devant ce qui apparait aux yeux de ceux qui –comme moi –lui reconnaissent encore toute son intégrité et sa bonne foi, une grossière et lamentable naïveté. La naïveté, c’est le plus respectueux et le plus décent attribut qui rend compte de la démarche de collaboration d’Achille Mbèmbè et Cie à la énième infantilisation des Africains. Grossière et lamentable naïveté, que le philosophe universaliste appelle naïvement dans son explication, la « curiosité intellectuelle ». J’ai parlé des Africains “relativement attentifs”, parce que ceux qui ont suivi sa collaboration au GEMDEV, un de ces innombrables outils que l’Empire mobilise pour développer la connaissance destinée à entretenir la cristallisation du projet colonial à travers les sciences sociales et humaines1, étaient déjà au courant de son identité intellectuelle, Senghor, Mudimbe, Memel-Fotê, Mabanckou, Mamadou Diouf et tous les autres du Clan de « la complicité locale », de « l’appropriation indigène », de « la faute partagée », de « la logique interactive » et de « la continuité historique »; tous, de la caste des prêtres africains d’un Dynamisme génétiquement amorphe dont la vocation, coloniale, est de distraire les Africains de la voie du Relèvement révolutionnaire. En effet, ceux des Africains qui, contraints de leur métier à suivre assidument les marqueurs littéraires de son intellectualité, plus loin au-delà de La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun2, ont clairement perçu qu’Achille Mbèmbè ne fera pas partie des révolutionnaires. La participation de Mbèmbè à l’analyse coloniale française de l’Afrique ne date donc pas d’aujourd’hui! Comme l’écrasante majorité des Africains, il n’a pas eu la chance de recevoir le vaccin diopien, et la nature de son contact à la France est fondatrice d’une intellectualité certes chatoyante, mais naïve, errante et stérile. Achille Mbèmbè fait partie de la composition, de l’altérité, de la relation, de l’universel. Il semble définitivement clair qu’autant les Africains lui sont éternellement reconnaissants du geste de 1996, autant Um lui renierait vertement sa paternité aujourd’hui. Autrement dit, autant le compte rendu historien que Mbèmbè développe de l’anticolonialisme indépendantiste kamerunais est éternellement édifiante, autant sa philosophie de l’histoire de l’Afrique est profondément erronée et fondamentalement biaisée par le cancer senghorien de l’universalisme, de la composition, de l’altérité, de la relation. Depuis le début de cette affaire, je suis répétitivement le discours d’explication, de justification, de légitimation et de mobilisation qu’Achille Mbèmbè délivre dans les cercles savants comme dans les Réseaux sociaux, à la télévision et à la radio, avec la préoccupation de comprendre, de saisir le moindre bout qui tienne la route, en vain. Aucun des concepts centraux qui soutiennent sa démarche ne résiste à la science. La science étant, en guise de rappel pour ceux qui auraient été distraits, l’effort structuré ou méthodique de connaissance du réel ou de la réalité. Depuis le début de cette affaire, bien que très rapidement revenu de la stupéfaction devant son engagement à collaborer à la réflexion macronienne sur les rapports Afrique-France3, j’ai beau chercher comment lui trouver du crédit, j’ai beau chercher comment lui donner du crédit, j’ai beau chercher par quel bout me rassurer de sa démarche, j’éprouve un mal fou à entrevoir même une once de promesse. A contrario, j’ai le sentiment malaisé d’un bis repetita, alors que je me rappelle un débat morgueusement porté par l’élite française d’État il y a quelques années, sur « les aspects positifs de la colonisation ». “Les aspects positifs de la colonisation”…, funeste héritage du narcissisme obtus des renégats, de l’égotisme naïf et vicieux des ministres de l’Union coloniale, de la filiation directe de Houphouët Boigny, Senghor et tous les autres Garçons de course d’hier et d’aujourd’hui, pitoyables fusibles de la Trahison continuée et du Drame enraciné. En guise d’argument à ses contradicteurs, Mbèmbè avance la nécessité du mouvement ou plutôt du démènement, peut-être du progrès ou en tout cas de la marche, par opposition à ce qu’il appelle dédaigneusement « l’immobilisme ». Achille Mbèmbè identifie ainsi l’immobilisme à « Cheikh Anta Diop, Thomas Sankara, Kwamè Nkrumah ». L’affirmation de l’argument pragmatiste –auquel le Génie colonial a fermement réduit et bloqué l’intelligence des Africains –porté dans ce raisonnement est un aveu d’incapacité, limite de l’intelligence et du potentiel de détermination et de déploiement de son existence. Je formule cet énoncé à dessein à l’adresse de justifications resignées et paresseuses. Le pragmatisme, c’est quand on confesse que l’on ne peut faire autrement, quand on avoue que l’on ignore comment faire autrement; et surtout, quand profondément

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Appel à la mutualisation des Luttes sur le continent et dans la Diaspora pour la souveraineté populaire et l’intégration africaine

Le 18 août 2020, au terme de plusieurs mois de mobilisations qui font suite à plusieurs années d’instabilité et de crise larvée, les forces civiles, politiques, religieuses et militaires du Mali ont obtenu la démission du Président Ibrahim Boubacar Keïta et de son gouvernement, la dissolution de l’Assemblée Nationale. Nous, Panafricanistes, exprimons notre solidarité avec le peuple du Mali qui s’est une nouvelle fois levé pour reprendre son destin en main avec détermination. Si la journée du 18 août s’est déroulée sans faire de victime, nous n’oublierons pas le sang des martyrs tombés sous le coup des précédentes répressions et nous appelons à ce que la justice soit rendue pour toutes les victimes directes et collatérales du pouvoir déchu. Nous, Panafricanistes, adressons nos salutations militantes et solidaires aux camarades du M5-RFP qui ont donné à la contestation populaire un cadre permettant de poser les enjeux d’une refondation du Mali. Nous appelons la frange patriotique de l’armée et les forces populaires progressistes à maintenir la cohésion pour que le processus de transition conquis par la mobilisation du peuple malien ne fasse pas l’objet d’une récupération par des forces réactionnaires locales et internationales. Nous appelons le peuple malien, et notamment sa jeunesse conscientisée, à se montrer intraitable dans la défense de sa souveraineté et à ne pas céder aux pressions allant à l’encontre des intérêts maliens et africains. Nous, Panafricanistes, appelons à la mobilisation de toutes nos organisations pour former autour du Mali comme autour de l’Afrique entière, un cordon de défense contre toutes attaques exogènes comme endogènes, afin de permettre au peuple du Mali de trouver la paix et la sérénité nécessaires à la construction d’un nouveau projet politique répondant à ses intérêts, ses valeurs et ses priorités. Nous, Panafricanistes, sommes conscients que le soulèvement populaire au Mali, comme au Burkina Faso en octobre 2014, s’inscrit dans une série de luttes pour la rupture avec le système de domination néocolonialiste qui étouffe tous les pays africains notamment francophones, mais également les populations africaines dans la diaspora. En cette année 2020 marquée par l’intensité exceptionnelle des protestations contre l’assassinat raciste de George Floyd aux Etats-Unis, le jour même de la commémoration de la Journée de l’Afrique le 25 mai, ainsi que par des mobilisations pour supprimer les statues et les références coloniales de l’espace public, la lutte du peuple malien suscite un espoir à tous les peuples d’Afrique et la diaspora africaine qui luttent contre la domination néocolonialiste, contre le racisme systémique que traduisent les répressions et les violences policières, autres atteintes à la dignité humaine. Nous, Panafricanistes, exprimons ici et maintenant notre solidarité au Peuple Frère du Mali et à tous les Peuples Africains DEBOUT pour arracher leur souveraineté. I. Le peuple du Mali doit reprendre l’initiative politique Conscients de la nécessité pour le Peuple du Mali de trouver un nouveau modèle politique, en puisant dans ses racines, afin d’écrire une nouvelle histoire, nous, Panafricanistes, rappelons brièvement que : le peuple malien et les peuples ouest-africains plongent leurs racines dans l’histoire glorieuse des empires de Ghana, Mali et Songhay, prémisses de futures fédérations, ainsi que dans les sagesses anciennes comme la charte du Mandé de 1235 qui témoignent de la richesse de nos expériences politiques endogènes ; les forces patriotiques maliennes et ouest-africaines prolongent l’héritage des grands résistants à la colonisation française tels que Babemba, Cheikhou Ahmadou, El Hadj Omar Tall, Samory Touré, des figures dont l’influence s’étend des territoires actuels de la Guinée jusqu’au Burkina Faso ; Bamako, capitale du Mali colonisé sous le nom de « Soudan Français », a été la capitale du panafricanisme en accueillant la création en octobre 1946 du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), organisation qui réunissait un parti par territoire sous domination coloniale française ; s’appuyant sur les dissensions internes, les autorités françaises ont transformé le RDA en une coquille vide à la veille des indépendances afin de faire échouer toute solution fédéraliste ou panafricaniste, à l’instar de la Fédération du Mali entre le Sénégal et le Soudan Français qui aurait menacé les intérêts du colon ; la France avait décidé de créer une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) qui devait amputer les territoires actuels du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie et de l’Algérie, territoires détenteurs d’immenses richesses (pétrole, gaz, uranium…) qui justifient depuis soixante ans un soutien impérialiste à des rébellions et des projets sécessionnistes ; face aux velléités hégémoniques de la France, le premier Président du Mali Modibo Keita avait pris ses responsabilités en fermant les bases militaires françaises, en sortant le Mali de la zone CFA pour créer le Franc Malien, et en prenant la voie de l’Unité Africaine avec les présidents Kwame Nkrumah et Ahmed Sékou Touré, constituant l’Union Ghana-Guinée-Mali, embryon des Etats Africains Unis toujours d’actualité ; depuis le renversement du Président Modibo Keita en 1968, le Mali n’a toujours pas été en mesure de retrouver un dirigeant prêt à engager le Mali dans la voie d’un véritable panafricanisme lui permettant de retrouver sa souveraineté. Ce bref rappel de cette longue histoire d’avant les indépendances formelles des Etats africains, constitue une véritable source d’inspiration pour le peuple malien, pour inventer un avenir qui corresponde à ses véritables aspirations et sortir de cette léthargie dont il victime depuis six décennies. C’est une invitation à « oser inventer l’avenir » selon la formule de Thomas Sankara. En effet, présenté au tournant des années 1990 comme une vitrine de la réussite du modèle démocratique, le Mali n’a jamais pu s’émanciper des politiques néolibérales et prédatrices des institutions financières internationales. Ces dernières ont infligé au peuple malien des conditions de vie inhumaines et dégradantes tandis que l’oligarchie dirigeante refusant d’entendre la colère grandissante de la rue, a généralement privilégié ses propres intérêts au détriment de ceux du peuple. Au naufrage économique et politique, s’est ajoutée une perte de souveraineté liée à l’occupation du territoire national par des forces militaires exogènes, en particulier l’armée française et la force d’intervention européenne Takuba. La France, qui entretenait déjà des relations troubles avec diverses forces sécessionnistes au Sahel, a directement participé à l’assassinat du

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Panafrikan Magazine #22 : L’Expérience Révolutionnaire

Editorial #22 Fin du Franc CFA ou « remake » du « discours de Brazzaville », mal ficelé Le 21 décembre 2019, la Françafrique sans sourciller sur les moyens, réunie à Abidjan en grande pompe sous la houlette de son commandant en chef incontesté, Emmanuel Macron, vient de nous faire une nouvelle version du « discours de Brazzaville » du 24 août 1958 tenu par son fondateur, le général de Gaulle. Présenté comme une volonté du général de Gaulle d’en finir avec la colonisation, le discours de Brazzaville fut en réalité l’acte de naissance de la Françafrique et un véritable pari géopolitique de la France visant, d’une part, à faire échec à la volonté clairement exprimée de la quasi-totalité des dirigeants africains issus de la loi cadre d’exercer souverainement leur pouvoir, et de l’autre, à casser la dynamique unitariste du Parti du Rassemblement Africain (PRA), réuni un mois plus tôt, en juillet 1958 à Cotonou, réclamant très clairement l’indépendance immédiate et s’opposant à l’éclatement des blocs AOF et AEF. En s’appuyant sur cet extrait du discours de Macron, qualifiant la colonisation comme ayant été «une erreur profonde, une faute de la République », les médias mainstream s’emploient à présenter le discours d’Abidjan comme une volonté d’en finir avec la Françafrique, comme ce fut le cas du général de Gaulle, à propos de la colonisation. En passant de l’Union française à la naissance de la Communauté française, en 1958, les États africains deviennent autonomes sur les affaires internes, mais restent dépendants de la France pour la monnaie, les relations internationales et la Défense. Dans le discours d’Abidjan, en dépit des jongleries stylistiques aux accents anticolonialistes, la réalité est que le changement de nom et la fin « obligatoire » des dépôts des avoirs sont tout de même contrebalancés par le maintien de la parité fixe avec l’Euro et le maintien de la garantie française sur la vraie/fausse nouvelle monnaie sans que les peuples africains s’expriment clairement sur ces choix. Fait significatif et commun aux deux discours : autant le discours de Brazzaville avait cassé la dynamique unitariste du PRA exprimée en février 1958 à Paris et en juillet 1958 à Cotonou, autant le discours d’Abidjan fait une sorte « d’OPA hostile » à une initiative monétaire africaine et autonome, en l’occurrence l’Eco, de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), regroupant 15 États, plus que les 8 États de la zone CFA, qui pourraient passer sous l’éteignoir français grâce à la garantie française et à l’arrimage de l’Eco à l’Euro. Ce remake du discours de Brazzaville mal ficelé, tenu à Abidjan avec la complicité du régime ivoirien, chef de file de la bourgeoisie compradore, en dit long sur la nature des États africains néocoloniaux de la zone CFA. Formellement indépendants et prompts à tenir des discours pompeusement nationalistes, ils sont entièrement dominés par le tuteur colonial. Investis d’une puissante tendance au mimétisme, les États africains néocoloniaux, forts avec les faibles et faibles avec les forts, assistent sans défense au pillage de leurs ressources stratégiques et au bradage de leur souveraineté. Face à cette broyeuse des imaginaires, des libertés, des droits sociaux et économiques des peuples africains, il convient de lui opposer une résistance et une auto-interprétation alternative. Le Panafricanisme est le cadre idéologique, en ce qui nous concerne, qui offre la possibilité d’auto-interprétation alternative, à savoir : « connaître l’ancien, pour servir le nouveau », comme dit le proverbe. Il aide à mettre en lumière certaines matrices politiques, culturelles et historiques africaines d’où sortiront demain des façons de vivre et des intelligences de destin. Ce numéro 22 de votre magazine Panafrikan, par la richesse des thématiques traitées, contribue à l’entreprise de résistance des masses et de la construction des consciences alternatives et insoumises. On y trouve, entre autres, un regard croisé entre la révolution Sankariste et l’expérience du mouvement révolutionnaire congolais « M22 », un beau partage d’expérience sur l’année du retour au Ghana, encore un texte fort instructif sur le scandale du chlordécone dans la Caraïbe, cette dramatique histoire d’un empoisonnement consenti. Ce numéro nous gratifie aussi d’un texte qui pose la problématique de la participation et du consentement des peuples dans les Traités intra-africains comme celui de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF). Par la transversalité des sujets traités, nous appelons la jeunesse africaine à s’armer de connaissance, « jusqu’aux dents », comme aurait dit, Cheikh Anta Diop. Le désir du tout autre, la volonté d’être soi, nourrissent l’espoir et les victoires futures! Henda Diogène Senny Président de la Ligue Panafricaine – UMOJA Le numéro 22 du Panafrikan Magazine est disponible : procurez-le vous dès maintenant au prix de 3€, ou abonnez-vous au magazine pour 10€, et recevez TOUS les numéros de Panafrikan pour toute l’année 2020, y compris le dernier numéro sorti ! Panafrikan, c’est votre outil pour mettre le panafricanisme au pouvoir. Umoja Ni Nguvu.

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[Umoja Habari – Communiqué] Déclaration de la Ligue Panafricaine – UMOJA sur la «nouvelle monnaie» ECO

Déclaration de la Ligue Panafricaine – UMOJA sur la «nouvelle monnaie» ECO Le 21 décembre 2019 à Abidjan, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont annoncé l’arrêt de la centralisation des réserves de change au Trésor Français, la fermeture du compte d’opérations et le transfert à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) des ressources disponibles sur ce compte, ainsi que le retrait de tous les représentants français présents dans les organes de décision et la naissance de l’ECO en remplacement du Franc CFA (anciennement colonies françaises d’Afrique). Dans les faits, la monnaie ECO qui devait être celle de l’ensemble des quinze Etats de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) devient le nouveau nom du franc CFA en circulation dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sous tutelle française. Dans le fond, rien ne change. Conformément aux éléments de son programme politique, la Ligue Panafricaine – UMOJA : DÉNONCE L’APPELLATION « ECO » DE LA NOUVELLE MONNAIE. La décision d’abandonner l’appellation FCFA a pour motivation l’expression de la souveraineté, l’abandon des vestiges qui rappellent le colonisateur. Une appellation africaine de notre monnaie serait une bonne application de cette décision. Le nom ECO, qui n’a aucune signification dans les langues africaines, se présente comme une copie conforme de l’Euro. NOTE LA FERMETURE DU COMPTE D’OPÉRATIONS ET LE DÉPART DE TOUS LES FONCTIONNAIRES FRANÇAIS DES INSTANCES DE LA BCEAO Nous saluons cette décision. Mais elle mérite d’être complétée par les mesures suivantes, mentionnées dans le programme politique de la LP-U : a. L’audit contradictoire du compte d’opérations pour déterminer le montant exact que le Trésor Français doit à la BCEAO de 1945 à 2019. b. L’actualisation de cette dette avec les taux d’intérêts successifs fixés par la Banque de France de 1945 à 2019, afin d’en connaître la valeur en ce moment de séparation ; c. L’établissement d’un moratoire pour le remboursement à la BCEAO de cette dette actualisée ; d. Le paiement par l’État français aux pays membres de la zone CFA de dommages et intérêts pour avoir retardé leur développement par la séquestration de leurs ressources d’exportation, contre le gré des peuples de la zone CFA. RÉCLAME ICI ET MAINTENANT: a. La sortie immédiate du Franc CFA pour tous les pays qui y sont encore soumis; b. La sortie immédiate des institutions financières néocoloniales telles que le FMI et la Banque mondiale: c. La création d’une monnaie africaine flexible, parfaitement adaptée au niveau de développement économique des États ouest-africains, qui ne sera garantie que par leurs disponibilités en devises internationales. La Ligue Panafricaine – UMOJA appelle tous les panafricains d’Afrique de l’ouest et tous les panafricains du monde à se mobiliser au maximum, pour rétablir dans les faits, au plan monétaire, notre souveraineté confisquée. UMOJA NI NGUVU ! L’UNION FAIT LA FORCE ! Fait à Abidjan et Brazzaville, le 31 décembre 2019 Le Bureau Politique provisoire de la LP-Umoja.

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[Vidéo] Le rôle du Panafricanisme dans un monde multipolaire (Diogène SENNY)

🔴 [Vidéo] ALLEMAGNE – LE RÔLE DU PANAFRICANISME DANS UN MODE MULTIPOLAIRE. Discours de Diogène SENNY, Président de la Ligue Panafricaine – Umoja (LP-Umoja) à Francfort sur l’invitation de l’Institut Schiller le 17 novembre 2019. Notre président a pu aborder différents points comme les 30 ans de la chute du mur de Berlin, la Fin de l’histoire, les Ruses de l’histoire, l’Etat fédéral africain, la Renaissance Africaine, le Mythe agraire osirien. A écouter, à partager. Pour adhérer à la Ligue Panafricaine – Umoja et rejoindre nos forces panafricanistes organisées et Sections Territoriales en diaspora et en Afrique, un seul formulaire en ligne: https://lp-umoja.com/formulaire-dadhesion-en-ligne/ Umoja Ni Nguvu! L’union fait la force!

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LP-U Niger: Un système panafricaniste pour arriver à un Niger libre et indépendant

🔴 LPU NIGER – Le 18 décembre 2019 à la faculté d’Agronomie de l’Université de Say, nos militants organisaient une rencontre sur la question d’un système panafricaniste comme solution pour un Niger libre et indépendant, avec comme personne ressource Abara Kane Abdourahamane. Asante sana à ceux qui ont répondu présent. Rejoignez les différentes sections de la Ligue Panafricaine – Umoja en diaspora comme en Afrique en adhérent via notre le formulaire en ligne: https://lp-umoja.com/formulaire-dadhesion-en-ligne/ Umoja Ni Nguvu! L’union fait la force!

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