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UMOJA AFRO KIDS DAY- SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2022

« LA JOURNEE POUR FAIRE GRANDIR L’ENFANT AFRODESCENDANT ! » Infos et inscriptions : lpufrance | Instagram, Facebook | Linktree « Faire grandir l’enfant afro ». Voilà le but ! La Ligue Panafricaine-UMOJA organise une journée spéciale : la journée des enfants afrodescendants ! Ça se passe quand ? Ça se passe le samedi 24 septembre 2022. Ça se passe où ?  Ça se passe à Paris-Bagnolet, au sein de VERDRAGON, la maison de l’Ecologie Populaire située à Bagnolet. Ça se passe comment ? Avec des ateliers ludiques, éducatifs, et conscients : du Terrarium (pour comprendre le cycle de la vie) à l’atelier Cuisine avec le Chef Alexandre Bella Ola (pour redécouvrir les saveurs africaines) en passant par l’atelier « Trop Beaux mes Cheveux » avec Jahlyssa Sekhmet des éditions Afrodya (pour réapprendre à s’aimer). Avec des conférences, des débats, des projections, une quinzaine d’ateliers ; ateliers du souvenir, ateliers pour comprendre, et ateliers pour se projeter… l’enfant afro sera placé au cœur de l’événement, un événement où les maîtres-mots sont : « l’estime de soi, la valorisation, la transmission, le partage, l’écoute, le vivre-ensemble ».   Du passé au futur, l’AFRO KIDS DAY du samedi 24 septembre 2022 à Paris-Bagnolet fait un lien entre Black Panther, le film, et le Black Panther Party, l’organisation militante afro-américaine, dont le programme reposait essentiellement sur l’éducation des enfants de la communauté. Le futur de la « Grande Famille Afro » repose également sur cette prise de conscience, ce renouvellement, cette éducation des valeurs panafricaines dans une perspective de futur à préparer. « Il faut savoir d’où on vient pour savoir où l’on va », comme le disait l’auteur malien Ahmadou Hampâté Bâ, qui disait aussi : « en Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Mais quand un enfant est éduqué, c’est une forêt d’espoir qui pousse. Avec l’AFRO KIDS DAY, une renaissance est manifestement possible. Le possible, ça se prépare. La volonté des organisateurs est claire : cette journée ouverte au public, gratuite, est dédiée « aux questions éducatives et parentales auxquelles notre communauté de la diaspora est confrontée. Ainsi, cette journée mettra en lumière les acteurs qui proposent aujourd’hui des solutions, des contenus, des outils pertinents pour tout parent souhaitant accompagner ses enfants et transmettre à sa descendance une culture afrocentrée riche. ». La Journée des Enfants Afrodescendants – UMOJA Afro Kids Day du samedi 24 septembre à Paris-Bagnolet  est organisée par la Ligue Panafricaine-UMOJA (la LP-UMOJA), une organisation politique internationale panafricaniste composée de sections territoriales implantées en Afrique et dans la Diaspora, dont le but est la construction d’un état fédéral de type « Les Etats-Unis d’Afrique », en passant par le rayonnement de la culture africaine sous différentes formes à retrouver lors de La Journée des Enfants Afrodescendants. Pour la LP-UMOJA : « La conscientisation débute dès le plus jeune âge ». Shaman dolpi, journaliste.

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UMOJA – AFRO KIDS DAY

SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2022 Infos et inscriptions : lpufrance | Instagram, Facebook | Linktree « LE CHEF CUISINIER ALEXANDRE BELLA OLA ET SA RECETTE DE L’ENGAGEMENT » Avec Alexandre Bella Ola, membre actif des associations 1 mafé pour tous et La Ligue Panafricaine UMOJA. « Parce que les batailles (panafricaines) dans lesquelles nous nous sommes engagés sont cruciales, alors il faut poser des actes clairs ! ». Et avec sérieux, compétences, intelligence et sagesse : « Aboyer ? Non. Les chiens aboient, la caravane passe ! ». Dès la première bouchée, le message du cuisinier africain le plus connu de Paris est sans détour : « il nous faut avancer vite et rapidement, fini la poudre aux yeux ! ». C’est pour cet esprit radical et rigoureux et pour la réussite de la Journée des Enfants Afrodescendants – UMOJA Afro Kids Day du samedi 24 septembre 2022 à Paris-Bagnolet qu’Alexandre Bella Ola met toute son énergie. Parce que comme le dit l’aphorisme qu’il rappelle à juste titre : « l’Education d’un enfant commence deux générations avant sa naissance… » : ça se prépare. Et ce que le chef cuisinier du restaurant Rio Dos Camaraos à Montreuil prépare, avant même le plat de résistance, est un succulent mélange entre « fierté gastronomique africaine » et « rigueur méthodique européenne », tient-il à préciser. Le Chef Alexandre sait où il va, et sait d’où il vient : « je suis né avec les indépendances, j’ai vu l’Afrique se construire et, j’ai émigré en France à 24 ans. Ma cuisine parle de ma réalité vécue… ». Alors, la Journée des Enfants Afrodescendants – UMOJA Afro Kids Day du 24 septembre, « c’est quelque chose qui vient rentrer dans ce cadre ». Pour lui, son engagement est un ingrédient parfait dans la sauce panafricaine qu’il compare au plat national sénégalais ; « le Tiep bou dienn -riz au poisson, le plat a une seule marmite, tous les panafricains devraient rassembler leurs idées dans une seule marmite… ». Il prône l’engagement actif de tous les panafricanistes pour sauver l’unité du continent africain : « c’est pour cela que je me suis engagé ». Le plat de résistance engagé qu’il apportera avec lui tout le long de la journée du samedi 24 septembre à Paris-Bagnolet, c’est directement son savoir-faire : « j’aurai plaisir à animer un Atelier cuisine, sur les valeurs africaines. C’est ce que je sais faire. Apporter aux enfants (les moins de 12 ans) notre savoir-faire, leur parler de notre cuisine. Transmettre ». Juste avant le dessert, Alexandre Bella Ola tient à faire ce rappel historique et biologique : « Nous sommes (l’Afrique) la Mère de l’Humanité. Partout, nous sommes chez nous. Toute personne sur cette planète détient de l’ADN noir. C’est scientifique ». Et cet engagement qu’il prodigue, est à déguster au dessert, lors de la Journée des Enfants Afrodescendants – UMOJA Afro Kids Day du samedi 24 septembre à Paris-Bagnolet. Sans modération. Shaman dolpi, journaliste.

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Crise de légitimité et pyromanie politique au Sénégal

L’histoire politique du Sénégal est marquée par des alternances et une absence de régime militaire qui suffisent à ce que de nombreux observateurs en viennent à présenter ce pays comme un « bon élève » de la démocratie en Afrique. Cette image est tronquée car, depuis 1960, la vie politique sénégalaise est régulièrement marquée par des tensions, des répressions et des violences systémiques caractéristiques d’une crise de longue durée. La dernière convulsion est celle qui met face à face un pouvoir hyper-présidentiel hérité du modèle colonial français qui oscille entre autoritarisme et déni de la réalité et une opposition acculée qui cherche à construire une alternative citoyenne et une nouvelle manière de faire de la politique. Les deux mandats de Macky Sall ne sont malheureusement pas les premiers au Sénégal à connaître une succession de scandales économiques, d’affaires de corruption et de détournement de fonds. C’est parce que cette présidence doit justement être la dernière à souffrir de ces tares qu’une grande partie de la société sénégalaise fonde ses espoirs en la figure de son principal opposant Ousmane Sonko, maire de Ziguinchor et leader du parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (PASTEF). Ainsi, la Ligue Panafricaine – UMOJA déplore la crise née de l’invalidation par la Cour constitutionnelle de la liste nationale que la coalition d’opposition Yewwi Askan Wi entendait présenter le 31 juillet 2022 au peuple chargé de renouveler les 165 sièges d’une assemblée dominée par la coalition Benno Bokk Yakaar. Une exclusion de l’opposition permettant au président Macky Sall de se préparer à briguer un troisième mandat en 2024 entérinerait la marche du Sénégal vers un scénario de crise électorale récurrent en Afrique. Des élections sans opposition, sans débat, ne sont pas crédibles. La sécurité et la liberté d’expression et de circulation des opposants et de tout citoyen doit être assurée. L’emprisonnement opportun d’un certain nombre d’opposants ne doit pas devenir un moyen pour tout pouvoir en place d’éviter le débat politique autour de son bilan et de ses projets. Par conséquent, la Ligue Panafricaine – UMOJA dénonce les brimades, les filatures et les arrestations dont sont régulièrement victimes Ousmane Sonko Guy Marius Sagna, ainsi que des militants du FRAPP, de PASTEF et d’autres organisations tenant un positionnement patriotique, nationaliste ou panafricaniste. Ces pratiques de harcèlement montrent que le sens des priorités dans l’utilisation des moyens d’État n’est pas tourné vers la satisfaction des besoins du peuple. Le président Macky Sall semble pour sa part bien plus soucieux de son image auprès de la France et de la « communauté internationale » qu’auprès de son peuple dont une large partie de la jeunesse le désavoue. Cette indifférence est intenable dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de vingt ans. En effet, derrière les figures directement visées d’Ousmane Sonko ou Guy Marius Sagna, ce sont des millions de jeunes qui sont prêts à se mobiliser pour faire barrage et écrire l’histoire. Dès à présent, la Ligue Panafricaine – UMOJA se tient aux côtés du peuple sénégalais dans sa quête d’un véritable patriotisme économique, politique et culturel à la mesure du patriotisme sportif affiché lors de la victoire des Lions de la Terranga en Coupe d’Afrique des Nations en février 2022. Ni les nouvelles infrastructures censées améliorer l’environnement des affaires, ni la découverte de gisements d’hydrocarbures ne garantissent le développement durable du Sénégal tant que les intérêts du peuple ne seront pas défendus en priorité. Doté d’un fort potentiel, le Sénégal doit faire le bon choix entre une vision népotiste et passéiste du pouvoir et une vision patriotique et décomplexée du développement. C’est de ce choix que dépendra la capacité du Sénégal à se placer en tête de la bataille de toute l’Afrique contre un système néolibéral hostile au bien-être des peuples. Le combat contre la corruption économique va de pair avec la lutte contre l’instrumentalisation des institutions politiques et des textes qui fondent le contrat social entre gouvernants et gouvernés. Au Sénégal et partout sur le continent, la Ligue Panafricaine – UMOJA soutient tous les peuples qui s’engagent dans l’action démocratique de masse pour faire « basculer l’Afrique sur la pente de son destin fédéral », selon les mots de Cheikh Anta Diop. Notre appui va aux forces patriotiques, panafricanistes et progressistes qui défendent strictement les valeurs de souveraineté économique et de justice sociale, de travail et de solidarité, sans céder aux relents xénophobes et tribalistes. Nous saluons plus particulièrement les marcheurs qui ont effectué le trajet Dakar-Bamako (1.362 km) pour exprimer leur solidarité avec le peuple frère du Mali. La Ligue Panafricaine – UMOJA soutient la nécessité de l’unité des forces panafricanistes du Sénégal pour que ce grand pays prenne toute la place qui lui revient dans l’émancipation de l’Afrique et la création d’un État fédéral africain. C’est à ce prix que nous éteindrons les politiques pyromanes qui incendient nos pays les uns après les autres ! Umoja ni Nguvu ! L’Union fait la Force ! 27 juin 2022, le Bureau Politique Provisoire

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Crise ukrainienne : situation des ressortissants africains

Le 24 février 2022 a marqué le début de l’offensive russe en Ukraine. Si cette intervention se déroule à des milliers de kilomètres de l’Afrique, il n’en reste pas moins que ce conflit a des répercussions pour notre peuple. En effet, des milliers de ressortissants africains, principalement des étudiants se retrouvent aujourd’hui coincés en Ukraine où l’accès dans les pays voisins (notamment la Pologne) leur est refusé sans aucune raison apparente si ce n’est la xénophobie et le racisme primaire qui sont enracinés dans la culture européenne (de l’Ouest ou de l’Est). La Ligue Panafricaine – UMOJA exprime sa profonde indignation face aux traitements inhumains et dégradants qui sont réservés aux étudiants et ressortissants africains qui cherchent à fuir l’Ukraine. Nous assurons nos sœurs et frères du soutien de la LP-U. À la suite de l’annonce postée par l’ambassade d’Ukraine au Sénégal pour recruter des mercenaires africains pour aller combattre les Russes, nous rappelons aussi qu’aucun sang africain ne doit être versé dans une guerre qui n’est pas fondamentalement la nôtre. La LP-U dénonce l’inaction et le mutisme de l’Union Africaine (UA) qui est aux abonnés absents au moment où, du Brésil à la Chine en passant par les Etats-Unis, l’Europe, les pays du monde arabe ou de l’ex-URSS, la négrophobie est devenue un sport universel qui nécessite que nous défendions l’intégrité physique des filles et fils d’Afrique à travers la planète. La négrophobie ne diminuera que lorsque nous aurons à la tête de l’Afrique, le continent le plus riche mais le plus pillé, des panafricanistes qui prendront la responsabilité de ne plus se faire le relais de la propagande impérialiste, de mobiliser les moyens pour secourir nos ressortissants et d’imposer des sanctions politiques et économiques ciblées aux pays qui ne protègent pas les ressortissants africains dans le monde. Si la voix de certains Etats du continent s’est fait entendre cette fois ; cela reste néanmoins trop inégal et trop disparate pour que cela pèse réellement au regard des enjeux qui sont considérables. Seule une Afrique forte et unie dans le cadre d’un projet fédéral apportera protection, respect et dignité aux enfants d’Afrique et ce quel que soit l’endroit du globe où ils se trouvent. La LP-U exhorte, une fois de plus tous les Africains (du continent comme de la diaspora), épris de justice et de souveraineté, de rallier ses rangs afin que notre voix pèse bien plus encore dans le cadre de la défense de notre continent et de notre peuple et pour réaliser, in fine, le projet d’Etat Fédéral d’Afrique Noire (EFAN) de Cheikh Anta Diop, essentiel pour notre renaissance. L’Union fait la Force ! Umoja ni Nguvu ! Fait à Bruxelles, Kinshasa, Lomé, Paris, le 05 mars 2022 Le Bureau Politique Provisoire

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À Bruxelles, le Panafricanisme fait face à l’Eurafrique

Tribune de soutien à la Diaspora Panafricaine de Belgique Dr Amzat Boukari-Yabara Président de la Ligue Panafricaine – UMOJA Prévu en octobre 2020 et reporté en raison de la crise sanitaire mondiale, le sixième sommet Union Européenne-Union Africaine se tient ces 17 et 18 février 2022 à Bruxelles. Les militants panafricanistes qui ont prévu de se retrouver au rond-point Schuman pourront justement manifester sur l’actualité des propos de l’un des pères fondateurs de l’Europe, le ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman, qui déclarait le 9 mars 1950 que « l’Europe pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation d’une de ses tâches essentielles : le développement du continent africain. » Dans un monde où les zones de projection sont limitées en raison des concurrences entre puissances, l’Afrique est au centre des enjeux géostratégiques entre le Nord, l’Est et l’Ouest. Le lien établi entre le Mali et l’Ukraine à travers la politique russe montre plus que jamais le risque – somme toute peu probable – pour l’Europe de se retrouver encerclée par une alliance d’un nouveau genre allant de Moscou à Conakry en passant par Kiev, Bangui et Bamako. Président du Conseil de l’UE pour six mois, Emmanuel Macron l’a souligné à plusieurs reprises : sans une politique africaine, l’Europe disparaîtra dans le cadre des grands bouleversements géopolitiques en cours. Face à la Chine, aux Etats-Unis, à la Russie ou à la Turquie qui se sont dotés de cadres (sommets, forums) pour convoquer l’Afrique, l’Europe joue tout simplement sa survie. Sous couvert d’être une « priorité » liée à la proximité géographique ou au « destin commun », l’Afrique est devenue une obsession pour l’Europe. Près de la moitié des pays européens disposent aujourd’hui d’un plan ou d’une stratégie spécifique pour l’Afrique, sans compter celle mise en place de manière globale par la Commission européenne qui présentera lors de ce sommet de nouveaux documents d’orientation dans les domaines stratégiques de la sécurité et de la défense européenne, de la transition énergétique, de la transformation numérique, de la croissance et des emplois durables, de la paix et de la gouvernance, et enfin des migrations et des mobilités. Autant de points sur lesquels les peuples africains n’ont jamais été consultés. De la recolonisation financière et humanitaire de l’Afrique En 2017, la présidence allemande du G20 avait lancé le « Pacte avec l’Afrique » (Compact with Africa) pour favoriser l’investissement privé dans une douzaine de pays africains (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Egypte, Ethiopie, Ghana, Guinée, Maroc, Rwanda, Sénégal, Togo, Tunisie) ayant réformé leur cadre macroéconomique. La philosophie néolibérale de ce Pacte a été élargie lors du sommet organisé le 18 mai 2021 à Paris « sur le financement des économies africaines ». Ces dernières sont considérées comme des « relais de croissance » pour les économies européennes. Autrement dit, sans l’Afrique, l’Europe coule. Sans les ressources naturelles, les matières premières, mais aussi les travailleurs immigrés, sans les nouveaux marchés, les nouveaux consommateurs de la classe moyenne et les élites africaines, ce sont des pans de l’économie européenne qui menacent de s’effondrer. Loin d’être un projet au service de l’Afrique, la « stratégie globale avec l’Afrique » (Global Gateway) dévoilée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen apparait ainsi comme une réponse de l’Europe à la Chine qui a développé un vaste réseau d’infrastructures de transports et de communications en Afrique dans le cadre des Nouvelles routes de la soie (One Belt, One Road). Par le biais de ses « agences de développements », l’Europe entend présenter à l’Afrique de nouveaux instruments économiques, financiers et commerciaux sans même prendre le temps d’écouter ce que demandent les Africains. Rien n’est finalement plus colonialiste que de voir l’Europe se croire plus ambitieuse pour l’Afrique que les Africains eux-mêmes pour leur propre continent. Cette ambition transpire la recolonisation. Si la « redéfinition des frontières » n’est pas officiellement à l’ordre du jour du sommet UE-UA, c’est parce que les Accords de partenariat économique (APE) et les précédentes politiques néolibérales européennes ont déjà redessiné les frontières d’une Afrique « utile » et d’une Afrique « inutile » selon les intérêts des multinationales. Celles-ci fonctionnent à la carte, selon des logiques transnationales, transfrontalières et internationales qui tirent avantage de la division internationale du travail, des règles édictées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ainsi que des lois du marché. Sur ce point, le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) risque de profiter prioritairement aux acteurs économiques non-africains qui disposent de fonds, de réseaux et d’une organisation supérieure aux acteurs africains. Loin d’entraîner la balkanisation du Congo, bien au contraire et pire, la ZLECA élargit la politique de la porte ouverte menée au Congo à l’ensemble du continent africain en en faisant un vaste réservoir où chacun viendra puiser ce dont il a besoin. Entre le sommet UE-UA d’Abidjan en 2017 et celui de Bruxelles en 2022, la crise sanitaire s’est immiscée dans les relations entre les deux continents. Des propos tenus dans les médias pour suggérer d’aller tester des vaccins en Afrique ont rappelé la dimension colonialiste et raciste de la science et de la médecine. La pandémie a montré à quel point l’Europe refuse de comprendre que des civilisations africaines puissent avoir une autre conception du bien-être, de la santé et de la guérison. Obnubilée par la course avec la Chine dans le « dons de vaccins » à l’Afrique, l’Europe s’est libérée de toute éthique en n’hésitant pas à envoyer en Afrique des vaccins qui n’étaient même plus recommandés aux citoyens européens. L’Afrique qui a traversé la pandémie sans avoir à offrir aux médias occidentaux le spectacle attendu de centaines de millions de personnes mourant du covid-19, se retrouve dans une situation de mendicité paradoxale liée à la communication qui présente l’Europe lui donnant généreusement des vaccins. L’objectif de l’Afrique est bien d’atteindre la souveraineté sanitaire et médicale sans avoir à subir les discours d’une recolonisation « humanitaire ». Sur ce point, la rencontre des présidents Macky Sall du Sénégal, Paul Kagame du Rwanda et Nana Akufo-Addo du Ghana avec Uğur Şahin, le président de la multinationale Bio N Tech, interroge. Le

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RAPPORTS COLONIAUX FRANCE-AFRIQUE ET COLLABORATION ACHILLE MBEMBE-EMMANUEL MACRON : LES DOUTES ET LES RÉSERVES DE L’HISTOIRE

Par Nôb Georges Boniface Nlénd V, Ph.D Le destin des Chaînes est d’être cassées. Ceux qui enchaînent posent un acte définitif, dans la mesure où leur conscience de l’Alternative à la rupture des Chaînes se présente essentiellement sous la forme d’un boomerang dramatique. C’est pourquoi l’enchaînement est un acte définitif. De même, c’est pourquoi la Rupture des Chaînes est révolution authentique. L’un des effets les plus corrosifs de la violence coloniale sur l’Afrique et l’une des conséquences les plus dramatiques du Projet colonial sur les Africains, c’est de leur avoir oblitéré le sens de la nécessité, le sens de la réalité, le sens des mots. Il en découle un réel malaise et un réel doute quant à la réception du discours dans un contexte de Surdité où les mots n’ont plus leur sens… Depuis le début de cette affaire, je m’emploie à un effort extrême de réflexion pour identifier les garanties probantes d’une réception sereine de la Collaboration pipée, en vain. Rien! En dépit des meilleures dispositions et de tous les efforts de réflexion, je suis invariablement ramené à l’irréductible réalité des structures opératoires de l’histoire. L’histoire est sceptique. C’est l’histoire elle-même, c’est-à-dire la réalité du temps, qui semble irréductiblement rétive à cette Collaboration bizarre non entre Achille Mbèmbè et Emmanuel Macron, mais bien entre l’Afrique dont le premier entend mobiliser « les forces vives » et la France que le second ne saurait ni embarquer ni décider dans cette démarche improbable et contre-nature. Depuis le début de cette affaire, la majorité des Africains relativement attentifs ne s’est pas relevée de la stupéfaction devant ce qui apparait aux yeux de ceux qui –comme moi –lui reconnaissent encore toute son intégrité et sa bonne foi, une grossière et lamentable naïveté. La naïveté, c’est le plus respectueux et le plus décent attribut qui rend compte de la démarche de collaboration d’Achille Mbèmbè et Cie à la énième infantilisation des Africains. Grossière et lamentable naïveté, que le philosophe universaliste appelle naïvement dans son explication, la « curiosité intellectuelle ». J’ai parlé des Africains “relativement attentifs”, parce que ceux qui ont suivi sa collaboration au GEMDEV, un de ces innombrables outils que l’Empire mobilise pour développer la connaissance destinée à entretenir la cristallisation du projet colonial à travers les sciences sociales et humaines1, étaient déjà au courant de son identité intellectuelle, Senghor, Mudimbe, Memel-Fotê, Mabanckou, Mamadou Diouf et tous les autres du Clan de « la complicité locale », de « l’appropriation indigène », de « la faute partagée », de « la logique interactive » et de « la continuité historique »; tous, de la caste des prêtres africains d’un Dynamisme génétiquement amorphe dont la vocation, coloniale, est de distraire les Africains de la voie du Relèvement révolutionnaire. En effet, ceux des Africains qui, contraints de leur métier à suivre assidument les marqueurs littéraires de son intellectualité, plus loin au-delà de La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun2, ont clairement perçu qu’Achille Mbèmbè ne fera pas partie des révolutionnaires. La participation de Mbèmbè à l’analyse coloniale française de l’Afrique ne date donc pas d’aujourd’hui! Comme l’écrasante majorité des Africains, il n’a pas eu la chance de recevoir le vaccin diopien, et la nature de son contact à la France est fondatrice d’une intellectualité certes chatoyante, mais naïve, errante et stérile. Achille Mbèmbè fait partie de la composition, de l’altérité, de la relation, de l’universel. Il semble définitivement clair qu’autant les Africains lui sont éternellement reconnaissants du geste de 1996, autant Um lui renierait vertement sa paternité aujourd’hui. Autrement dit, autant le compte rendu historien que Mbèmbè développe de l’anticolonialisme indépendantiste kamerunais est éternellement édifiante, autant sa philosophie de l’histoire de l’Afrique est profondément erronée et fondamentalement biaisée par le cancer senghorien de l’universalisme, de la composition, de l’altérité, de la relation. Depuis le début de cette affaire, je suis répétitivement le discours d’explication, de justification, de légitimation et de mobilisation qu’Achille Mbèmbè délivre dans les cercles savants comme dans les Réseaux sociaux, à la télévision et à la radio, avec la préoccupation de comprendre, de saisir le moindre bout qui tienne la route, en vain. Aucun des concepts centraux qui soutiennent sa démarche ne résiste à la science. La science étant, en guise de rappel pour ceux qui auraient été distraits, l’effort structuré ou méthodique de connaissance du réel ou de la réalité. Depuis le début de cette affaire, bien que très rapidement revenu de la stupéfaction devant son engagement à collaborer à la réflexion macronienne sur les rapports Afrique-France3, j’ai beau chercher comment lui trouver du crédit, j’ai beau chercher comment lui donner du crédit, j’ai beau chercher par quel bout me rassurer de sa démarche, j’éprouve un mal fou à entrevoir même une once de promesse. A contrario, j’ai le sentiment malaisé d’un bis repetita, alors que je me rappelle un débat morgueusement porté par l’élite française d’État il y a quelques années, sur « les aspects positifs de la colonisation ». “Les aspects positifs de la colonisation”…, funeste héritage du narcissisme obtus des renégats, de l’égotisme naïf et vicieux des ministres de l’Union coloniale, de la filiation directe de Houphouët Boigny, Senghor et tous les autres Garçons de course d’hier et d’aujourd’hui, pitoyables fusibles de la Trahison continuée et du Drame enraciné. En guise d’argument à ses contradicteurs, Mbèmbè avance la nécessité du mouvement ou plutôt du démènement, peut-être du progrès ou en tout cas de la marche, par opposition à ce qu’il appelle dédaigneusement « l’immobilisme ». Achille Mbèmbè identifie ainsi l’immobilisme à « Cheikh Anta Diop, Thomas Sankara, Kwamè Nkrumah ». L’affirmation de l’argument pragmatiste –auquel le Génie colonial a fermement réduit et bloqué l’intelligence des Africains –porté dans ce raisonnement est un aveu d’incapacité, limite de l’intelligence et du potentiel de détermination et de déploiement de son existence. Je formule cet énoncé à dessein à l’adresse de justifications resignées et paresseuses. Le pragmatisme, c’est quand on confesse que l’on ne peut faire autrement, quand on avoue que l’on ignore comment faire autrement; et surtout, quand profondément

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Appel à la mutualisation des Luttes sur le continent et dans la Diaspora pour la souveraineté populaire et l’intégration africaine

Le 18 août 2020, au terme de plusieurs mois de mobilisations qui font suite à plusieurs années d’instabilité et de crise larvée, les forces civiles, politiques, religieuses et militaires du Mali ont obtenu la démission du Président Ibrahim Boubacar Keïta et de son gouvernement, la dissolution de l’Assemblée Nationale. Nous, Panafricanistes, exprimons notre solidarité avec le peuple du Mali qui s’est une nouvelle fois levé pour reprendre son destin en main avec détermination. Si la journée du 18 août s’est déroulée sans faire de victime, nous n’oublierons pas le sang des martyrs tombés sous le coup des précédentes répressions et nous appelons à ce que la justice soit rendue pour toutes les victimes directes et collatérales du pouvoir déchu. Nous, Panafricanistes, adressons nos salutations militantes et solidaires aux camarades du M5-RFP qui ont donné à la contestation populaire un cadre permettant de poser les enjeux d’une refondation du Mali. Nous appelons la frange patriotique de l’armée et les forces populaires progressistes à maintenir la cohésion pour que le processus de transition conquis par la mobilisation du peuple malien ne fasse pas l’objet d’une récupération par des forces réactionnaires locales et internationales. Nous appelons le peuple malien, et notamment sa jeunesse conscientisée, à se montrer intraitable dans la défense de sa souveraineté et à ne pas céder aux pressions allant à l’encontre des intérêts maliens et africains. Nous, Panafricanistes, appelons à la mobilisation de toutes nos organisations pour former autour du Mali comme autour de l’Afrique entière, un cordon de défense contre toutes attaques exogènes comme endogènes, afin de permettre au peuple du Mali de trouver la paix et la sérénité nécessaires à la construction d’un nouveau projet politique répondant à ses intérêts, ses valeurs et ses priorités. Nous, Panafricanistes, sommes conscients que le soulèvement populaire au Mali, comme au Burkina Faso en octobre 2014, s’inscrit dans une série de luttes pour la rupture avec le système de domination néocolonialiste qui étouffe tous les pays africains notamment francophones, mais également les populations africaines dans la diaspora. En cette année 2020 marquée par l’intensité exceptionnelle des protestations contre l’assassinat raciste de George Floyd aux Etats-Unis, le jour même de la commémoration de la Journée de l’Afrique le 25 mai, ainsi que par des mobilisations pour supprimer les statues et les références coloniales de l’espace public, la lutte du peuple malien suscite un espoir à tous les peuples d’Afrique et la diaspora africaine qui luttent contre la domination néocolonialiste, contre le racisme systémique que traduisent les répressions et les violences policières, autres atteintes à la dignité humaine. Nous, Panafricanistes, exprimons ici et maintenant notre solidarité au Peuple Frère du Mali et à tous les Peuples Africains DEBOUT pour arracher leur souveraineté. I. Le peuple du Mali doit reprendre l’initiative politique Conscients de la nécessité pour le Peuple du Mali de trouver un nouveau modèle politique, en puisant dans ses racines, afin d’écrire une nouvelle histoire, nous, Panafricanistes, rappelons brièvement que : le peuple malien et les peuples ouest-africains plongent leurs racines dans l’histoire glorieuse des empires de Ghana, Mali et Songhay, prémisses de futures fédérations, ainsi que dans les sagesses anciennes comme la charte du Mandé de 1235 qui témoignent de la richesse de nos expériences politiques endogènes ; les forces patriotiques maliennes et ouest-africaines prolongent l’héritage des grands résistants à la colonisation française tels que Babemba, Cheikhou Ahmadou, El Hadj Omar Tall, Samory Touré, des figures dont l’influence s’étend des territoires actuels de la Guinée jusqu’au Burkina Faso ; Bamako, capitale du Mali colonisé sous le nom de « Soudan Français », a été la capitale du panafricanisme en accueillant la création en octobre 1946 du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), organisation qui réunissait un parti par territoire sous domination coloniale française ; s’appuyant sur les dissensions internes, les autorités françaises ont transformé le RDA en une coquille vide à la veille des indépendances afin de faire échouer toute solution fédéraliste ou panafricaniste, à l’instar de la Fédération du Mali entre le Sénégal et le Soudan Français qui aurait menacé les intérêts du colon ; la France avait décidé de créer une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) qui devait amputer les territoires actuels du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie et de l’Algérie, territoires détenteurs d’immenses richesses (pétrole, gaz, uranium…) qui justifient depuis soixante ans un soutien impérialiste à des rébellions et des projets sécessionnistes ; face aux velléités hégémoniques de la France, le premier Président du Mali Modibo Keita avait pris ses responsabilités en fermant les bases militaires françaises, en sortant le Mali de la zone CFA pour créer le Franc Malien, et en prenant la voie de l’Unité Africaine avec les présidents Kwame Nkrumah et Ahmed Sékou Touré, constituant l’Union Ghana-Guinée-Mali, embryon des Etats Africains Unis toujours d’actualité ; depuis le renversement du Président Modibo Keita en 1968, le Mali n’a toujours pas été en mesure de retrouver un dirigeant prêt à engager le Mali dans la voie d’un véritable panafricanisme lui permettant de retrouver sa souveraineté. Ce bref rappel de cette longue histoire d’avant les indépendances formelles des Etats africains, constitue une véritable source d’inspiration pour le peuple malien, pour inventer un avenir qui corresponde à ses véritables aspirations et sortir de cette léthargie dont il victime depuis six décennies. C’est une invitation à « oser inventer l’avenir » selon la formule de Thomas Sankara. En effet, présenté au tournant des années 1990 comme une vitrine de la réussite du modèle démocratique, le Mali n’a jamais pu s’émanciper des politiques néolibérales et prédatrices des institutions financières internationales. Ces dernières ont infligé au peuple malien des conditions de vie inhumaines et dégradantes tandis que l’oligarchie dirigeante refusant d’entendre la colère grandissante de la rue, a généralement privilégié ses propres intérêts au détriment de ceux du peuple. Au naufrage économique et politique, s’est ajoutée une perte de souveraineté liée à l’occupation du territoire national par des forces militaires exogènes, en particulier l’armée française et la force d’intervention européenne Takuba. La France, qui entretenait déjà des relations troubles avec diverses forces sécessionnistes au Sahel, a directement participé à l’assassinat du

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